Le métier de sous-titreur consiste à retranscrire les textes d’un contenu vidéo (films, séries, clips vidéo, émissions télé, etc.) et à les incruster en bas de l’écran. C’est le credo qu’a choisi la Brestoise Chloé Nicolin, 32 ans, qui sous-titre films et séries depuis quelques années déjà.

Du Canada à la Corée

« Après une licence en langues étrangères appliquées, j’ai fait un master de management culturel. En 2019 et 2020, j’ai travaillé au Canada. La pandémie de covid arrivant, j’ai fait, à mon retour en France, un master en traduction spécialisée, à Paris », détaille la jeune femme en retraçant son parcours.

En 2022, Chloé Nicolin part en Corée pour plusieurs mois en free-lance et postule auprès d’agences de traduction de films et séries. Elle passe avec succès un test pour lequel elle doit traduire, en sous-titres, un épisode d’une série. Depuis, la jeune femme travaille désormais pour des agences : « Ces dernières m’adressent des films et séries, que je sous-titre, de l’anglais au français, pour des distributeurs tels Disney +, Amazon Prime ou Netflix ».

Pour un épisode de cinquante minutes, c’est cinq à six heures de travail !

« Pour un épisode de cinquante minutes, c’est cinq à six heures de travail », confie-t-elle. « Le coréen, par exemple, est traduit en anglais puis je traduis l’anglais en français en vérifiant phrase par phrase que le texte correspond au déroulé de l’image et de l’histoire. Parfois, c’est limpide ; d’autres fois, je dois valider scène par scène ». Tenue par une clause de confidentialité, la Brestoise ne peut pas révéler quelles sont les séries sur lesquelles elle travaille…

Des inquiétudes face à l’IA

Chloé Nicolin apprécie, dans ce travail, « une liberté d’organisation sans contrainte horaire », mais aujourd’hui, elle s’inquiète : « L’intelligence artificielle a fait son apparition, et les agences qui nous adressent films et séries l’ont utilisée pour traduire l’anglais en français. Or, l’anglais ne faisant pas la différence entre le féminin et le masculin, l’IA ne la fait pas non plus. Les traducteurs sont obligés de tout reprendre mot à mot pour corriger », constate-t-elle. « Mais, parfois, l’IA sous-titre sans erreur et nous craignions, à terme, que nos métiers de traducteurs disparaissent », redoute celle qui vient de voir son nom figurer à la fin de la série sud-coréenne à succès « Knight Flower ». Trois mots qui font, pour l’heure, son bonheur : « Sous-titrage Chloé Nicolin ».