En l’écoutant parler autour d’un cappuccino au bar de l’hôtel Majestic, on comprend que sa vie ressemble à une cigarette : consumée avec intensité. Incandescente sur scène, fuyante dans la vie. « Une timidité indicible, torturée jusqu’à l’impossible », chantera-telle. Avant les couvertures glacées – celles qui ont figé son image dès son mariage avec Johnny en 1965 –, il y a une enfant. Une gamine de 8 ans quittant la Bulgarie avec son grand frère et ses parents. Une enfance déplacée, traversée par l’exil, et ce sentiment d’un ailleurs jamais tout à fait quitté. Puis la vie qui s’emballe, sans jamais ralentir.
Deux accidents de voiture, à deux ans d’intervalle. Dans le premier, la marraine de son fils disparaît. Dans le second, avec Johnny, elle est projetée à travers le pare-brise. Six mois d’hospitalisation à Los Angeles. Le corps marqué, mais la trajectoire intacte. À plus de 80 printemps, après avoir tiré sa révérence l’an dernier, elle remonte sur scène, au Palais des Congrès. Non pour chanter, mais pour une master class inédite : « Voilà ma vie ». Pendant une heure et demie, accompagnée d’un orchestre, elle répondra aux questions de son grand ami Roland Perez, auteur du livre Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan. Depuis soixante ans que le public lui prouve son amour, ça ne doit vraiment plus être un problème pour celle qui a toujours rêvé d’être la plus belle pour aller danser.