En 2015, James May commande en Angleterre
une Ferrari 458 Speciale alors que Top Gear explose et qu’il se dit
« au chômage ». Dix ans plus tard, ce coup de tête s’est transformé
en pactole potentiel estimé à près de 196 000 euros.

Et si le meilleur placement d’un présentateur télé n’était pas
un appartement londonien ou un portefeuille d’actions, mais une
supercar achetée « pour rire » au moment précis où son émission
fétiche s’écroule ? C’est exactement l’histoire de James
May, l’éternel « Captain Slow » de Top
Gear, qui a signé pour une Ferrari 458
Speciale juste avant le fameux « fracas » ayant mis fin au
trio qu’il formait avec Jeremy Clarkson et Richard Hammond à la
BBC, selon SupercarBlondie.

En 2015, alors que son avenir à la télévision n’a jamais semblé
aussi flou, il se retrouve engagé sur l’une des Ferrari les plus radicales
de son époque
, facturée bien au-dessus des 300 000 dollars,
soit un peu plus de 280 000 euros. À l’époque, l’idée ressemble
davantage à un caprice de passionné qu’à une stratégie
patrimoniale. Pourtant, plus de dix ans plus tard, cette « folie »
vaut désormais presque le double de son prix neuf et cache une
plus-value potentielle à cinq zéros qui change un peu la perception
de ce coup de tête…

James May, Top Gear et la Ferrari 458 Speciale de son
« chômage »

Pour comprendre ce choix, il faut revenir à la relation très
particulière entre James May et Ferrari. Au sein
du trio de Top Gear, il était le seul véritable
propriétaire d’une Ferrari, et c’est ce lien privilégié qui en
faisait souvent le pilote désigné pour essayer les nouveautés de
Maranello, jusqu’à la très exclusive LaFerrari. Un privilège dont
ses collègues profitaient surtout pour se moquer. Dans un épisode
de « The Grand Tour », Richard Hammond caricature ainsi son ami en
lâchant : « Je suis très modeste. C’est pourquoi je conduis une
Ferrari jaune, » une pique qui
illustre bien la manière dont les deux autres jouaient avec sa
supposée discrétion, tout en soulignant au passage qu’il roulait
tout de même en supercar italienne.

C’est dans ce contexte que James May commande une
Ferrari 458 Speciale en 2015, presque « par
accident ». Il signe pour cette version extrême de la 458 Italia
juste avant l’altercation en coulisses qui mettra un terme à
Top Gear tel que les fans le connaissaient. Après
ce fameux incident, le contrat de Jeremy Clarkson n’est pas
renouvelé, et James May comme Richard Hammond décident de partir,
refusant de continuer en duo. May se décrit alors comme « un homme
d’âge moyen au chômage », avec une Ferrari déjà commandée et en
route. Malgré ce timing pour le moins inconfortable, il maintient
la commande et ira jusqu’à surnommer sa 458 Speciale sa « voiture du chômage« . Une voiture
affichée à plus de 300 000 dollars, soit environ 280 000 euros,
achetée pour célébrer… l’absence de contrat.

La 458 Speciale a pris (beaucoup) de valeur : près de 196 000
euros de gain latent

Avec le recul, ce pari ressemble beaucoup moins à une folie. La
Ferrari 458 Speciale est devenue l’une des
modernes les plus recherchées de la marque. Elle reprend le V8 4,5
litres atmosphérique en position centrale arrière, poussé à plus de
600 ch, et reste la dernière « grande » Ferrari de ce type avant le
passage au turbo puis à l’hybridation. Résultat : la cote a grimpé.
Des relevés de ventes montrent une valeur médiane autour de 350 000
livres sterling, soit plus de 400 000 euros, pour une 458 Speciale,
avec des exemplaires exceptionnels qui ont dépassé les 600 000
livres, et même une vente à 786 000 dollars, environ 730 000 euros.
Un niveau qui replace complètement l’achat de James May dans une
autre catégorie que celle du simple caprice de star télé.

Dans le cas précis de la voiture de James May, les estimations
tournent aujourd’hui autour de 400 000 livres sterling, soit à peu
près 460 000 euros, en tenant compte de sa configuration très
marquante et de son statut de voiture de célébrité. Face à un prix
d’achat situé aux alentours de 230 000 livres, environ 265 000
euros, cela représente une plus-value potentielle d’environ 170 000
livres, soit près de 196 000 euros. Tant qu’il ne
la vend pas, ce gain reste théorique, mais il est bel et bien là
sur le papier. Pour celui que ses collègues appelaient « Captain
Slow », cette 458 Speciale achetée pour « fêter » le chômage ressemble
désormais à un sacré coup de poker… qui n’était même pas censé en
être un au départ.