« L’Europe a peut-être 6 semaines de carburant pour avion »: la situation de l’aviation européenne bientôt en crise?Volotea teste une tarification inédite
Dans ce contexte, la compagnie espagnole Volotea innove avec sa « Promesse de voyage équitable ». Le principe : ajuster le prix du billet en fonction du coût du carburant… sept jours avant le départ.
Le supplément, plafonné à 14 euros, peut être demandé ou remboursé selon l’évolution des prix. Pour rendre le dispositif acceptable, la compagnie permet d’annuler ou modifier sans frais jusqu’à quelques heures avant le vol.
Ces changements de Ryanair qui vont vous impacter
Mais cette pratique suscite des critiques. Le principe européen est clair : le prix d’un billet est censé être fixe après achat. Une telle clause n’est valable que si elle est clairement expliquée, acceptée au moment de la réservation et encadrée.
Le flou sur la méthode de calcul et le remboursement parfois proposé sous forme d’avoir alimentent aussi les interrogations. Certains acteurs du secteur redoutent un effet boule de neige si ce modèle se généralise.
Brussels Airlines fait payer le bagage cabine
Autre évolution notable : Brussels Airlines supprime la gratuité du bagage cabine sur ses tarifs les moins chers en Europe. Désormais, l’offre de base inclut uniquement un petit sac personnel, comme c’est le cas chez Ryanair, par exemple. Le bagage cabine devient donc une option payante, Brussels Airlines s’alignant sur les compagnies low-cost plus agressives.
L’objectif affiché par la compagnie est de proposer un prix d’appel plus bas, mais dans les faits, le coût total du voyage augmente pour de nombreux passagers.
Quels droits pour les passagers ?
Mais toutes ces évolutions posent la question du droit des passagers. Les compagnies peuvent-elles tout se permettre ? On fait le point. D’abord, la pression sur le kérosène entraîne aussi des annulations de vols en Europe. Selon les règles européennes, ces situations pourraient être considérées comme des « circonstances extraordinaires ».
En conséquence, les passagers ont droit à un remboursement ou à un « réacheminement », ainsi qu’à une assistance, mais pas à une indemnisation financière. Dans le cas d’un voyage à forfait, la protection est plus large : le voyagiste doit proposer une solution alternative ou rembourser intégralement.
Et la « Promesse » de Volotea illustre bien le fait que les compagnies veulent s’adapter, tout en jonglant avec la loi. Si elle est juridiquement possible pour les nouvelles réservations acceptant la clause, elle reste contestée et ne peut s’appliquer rétroactivement.
Dans un marché qui était déjà complexe avant cette crise, la transparence tarifaire et les droits des passagers pourraient devenir les prochains grands défis du secteur, dans les mois et années à venir.