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27 avr. 2026 à 11h38
Voilà une technique assez surprenante pour faire face à la prolifération du moustique-tigre dans le Rhône : quinze millions de ces insectes seront relâchés à Mions, près de Lyon, à raison de cinq millions par an dès cette année et jusqu’en 2028, selon Le Progrès. Explications.
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Des moustiques élevés en laboratoire
Mickaël Paccaud, maire de Mions, a fait appel à Terratis, entreprise spécialisée, pour un coût total de 120 000 €.
Relâcher des moustiques pour lutter contre les moustiques peut paraître contre-intuitif. Mais il s’agit de spécimens spécialement conçus pour mener leur espèce à l’extinction : élevés en laboratoire et exposés à une faible dose de rayons X, ces mâles sont ainsi stérilisés avant d’être relâchés dans les zones les plus touchées par les moustiques-tigres.
Une fois dans la nature, leur accouplement avec les femelles ne produit pas de descendance : de quoi réduire la population de moustiques de 50 % dès la première année, puis jusqu’à 90 % l’an prochain, selon les estimations.
Cette solution, expérimentée par seulement trois villes en France (dont Mions), a déjà montré son efficacité dans plusieurs pays. Elle promet de réduire la menace de cette espèce invasive venue des régions tropicales de l’Asie du Sud-Est qui infeste la France depuis plus de dix ans et touche particulièrement l’Auvergne-Rhône-Alpes, profitant d’un climat de plus en plus favorable.
Une solution ingénieuse sans pesticide
Habituellement, la seule réponse des autorités pour faire baisser leur nombre passe par des actions nocturnes d’ampleur avec la diffusion d’un insecticide dans l’air, impactantes sur l’environnement : les habitants sont obligés de se confiner avec leurs animaux, puis de rincer leur mobilier de jardin avec l’interdiction de consommer les produits de leurs potagers pendant trois jours.
L’enjeu est important : porteur de nombreux virus et parasites tels que la dengue ou le chikungunya, le moustique-tigre est l’insecte le plus meurtrier au monde.
Des centaines de milliers de moustiques relâchés par semaine
200 000 mâles seront donc relâchés chaque semaine sur 30 points de la commune de Mions, et la première opération a eu lieu ce vendredi 24 avril.
Et on vous rassure : les moustiques-tigres mâles ne piquent pas. En plus de réduire le risque de diffusion des maladies tropicales (274 cas connus en Auvergne-Rhône-Alpes en 2024), les habitants de Mions pourront profiter d’étés plus sereins.
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