Paradoxal ? Au contraire. La N-VA conserve son agenda « confédéraliste », un concept ambigu qui impliquerait une régionalisation poussée à son maximum des institutions belges. Dans l’espoir de mettre en œuvre ce projet, les nationalistes flamands ont tout intérêt à trouver en Wallonie des partenaires régionalistes. Les grandes réformes de l’État nécessitent de larges majorités parlementaires. Par conséquent, pour faire évoluer notre modèle vers le « confédéralisme », les voix des francophones seront nécessaires. En attendant cet éventuel « Grand Soir » nationaliste, les jeunes N-VA semblent vouloir travailler les esprits et réveiller l’orgueil wallon.

Un certain adoucissement

Cette action à Liège-Bastogne-Liège s’inscrit dans le cadre plus vaste d’un adoucissement des propos à l’égard des Wallons. Depuis plusieurs années, la N-VA veille à ne plus tomber dans certaines caricatures à l’égard du sud du pays. On est loin de ce jour de janvier 2005 où la jeune formation héritière de l’aile droite de la Volksunie avait affrété douze camions chargés de faux billets de 50 euros… Direction : les ascenseurs à bateaux de Strépy-Thieu (Hainaut), symbole aux yeux des nationalistes de la gabegie wallonne. C’était Bart De Wever qui avait monté l’opération. Plus de vingt ans après, le même homme est chargé de faire fonctionner la Belgique fédérale en tant que Premier ministre.

Anneleen Van Bossuyt, la ministre modérée obligée de tenir la ligne dure de la N-VA

De boulet aux yeux des séparatistes, la Wallonie aurait-elle gagné avec le temps un statut plus enviable ? En février 2025, en visite officielle à Namur, la capitale régionale, le ministre de la Défense, Theo Francken, avait même reconnu que l’industrie sudiste était devenue indispensable dans le contexte géopolitique. « L’Armée belge a, par exemple, besoin de la FN Herstal pour remplir ses stocks de munition qui sont au plus bas. On a besoin de la Wallonie, de nouveaux contrats vont arriver rapidement. »