L’agitation et les ennuis de circulation dus aux « Antwerp 10 Miles » n’auront même pas eu raison des fans venus parfois de loin (France, Pays-Bas, Allemagne) ce dimanche soir. L’AFAS Dôme d’Anvers était plein comme un œuf pour acclamer le légendaire guitariste britannique, surnommé « God » dans les années soixante. Du haut de ses 81 ans, toujours avec les yeux fermés et les dents serrées lors de ses solos divins, Eric Clapton a une nouvelle fois prouvé son statut de 2e meilleur guitariste de tous les temps (selon le Rolling Stone Magazine en 2011, derrière Jimi Hendrix). Surnommé aussi « Slowhand » (« main lente ») pour la virtuosité de son touché de guitare et non pas pour sa vitesse, Clapton a hypnotisé l’assemblée. « C’était juste beau », « Woauw », « Magique », entend-on de partout à la sortie du dôme. Tous conscients d’avoir vécu un moment « unique » et « dingue » à observer le maître à l’œuvre.
L’incroyable histoire de Paul Ambach, l’homme derrière les trois concerts belges de Michael Jackson: « L’équipe de Michael a tout remboursé »Un blues immortel
Le plus frappant durant les deux heures de son show ? La précision intacte de son jeu. Si sa voix se fait parfois plus rocailleuse, ses solos de guitare restent des modèles de fluidité et d’économie de notes. Chaque vibrato semble pesé, chaque silence entre deux phrases musicales est chargé d’intention et d’émotion. Lesquels vous transperce le corps.
Accompagné par ses fidèles lieutenants groovy, dont les incroyables Nathan East à la basse, Doyle Bramhall II à la guitare et Chris Stainton aux claviers, l’ex-membre des Cream et The Yardbirds a entamé son set avec une énergie redoutable. Avec Clapton, pas besoin d’effets pyrotechniques ni de discours superflus, son flegme britannique et son live band -qui donne le frisson !- font le reste.
Bref, entre ses tubes inoubliables tels que « Wonderful Tonight », « Change the World » ou la nostalgie d’un « I shot the Sherif », son concert était soigneusement divisé en trois actes : un démarrage électrique puissant suivi d’une parenthèse acoustique intimiste avant une apothéose blues rock tonitruante.
De son interprétation émouvante de Tears in Heaven qui a plongé la salle dans un silence mystique au final explosif sur Cocaïne, Clapton est aussi passé par l’incontournable Layla. Dès les premières notes de sa version acoustique, elle a déclenché une ovation spontanée. Prolongée en une standing ovation lorsque la légende quittera la scène anversoise après son rappel sur une note aussi joyeuse que festive avec Before You Accuse Me.
« Chapeau l’artiste et merci pour ce superbe moment », nous glisse encore Michel, venu entre amis et craignant que ce soit la dernière du « God ». « Cette tournée européenne d’Eric Clapton résonnant étrangement comme une sorte d’adieu… »