C. Allereau, de Valence-en-Poitou (Vienne) : « Je trouve que notre médecine est en pleine dérive administrativo-numérique. Je me réjouissais d’avoir obtenu un rendez-vous pour comprendre de quelle affection je souffrais et éventuellement la soigner. J’ai libéré mon emploi du temps à la date prévue, et sans moyen de transport personnel, je me suis organisé au mieux. »
« Stoppons les effets délétères de notre société si fièrement connectée »
« Je me suis présenté sans retard à l’entrée du service, où devant une énorme borne, pleine de trous, de fentes, de boutons, et un écran géant, j’ai peiné à avoir un ticket numéroté. Une voix invisible appelle mon numéro à se rendre devant le bureau n° 1. Dans sa boîte en verre, une secrétaire réclame ma carte Vitale et m’invite à suivre une ligne colorée jusqu’à une salle d’attente.
« À peine assis, miracle, on m’appelle par mon nom ! Le personnel qui me reçoit fait ce qu’il peut pour me rappeler que je suis un être humain, avec une histoire, des sentiments et des émotions. Mais, pas le temps de s’attarder, de comprendre, la course à la déshumanisation reprend : je décide de rester une personne, tout en suivant sagement les instructions.
« Je remarque au mur une affiche : “ Dans notre démarche qualité, votre avis nous intéresse. ” Pour répondre au questionnaire de satisfaction, il faut scanner un QR code, ou aller sur Google. J’hésite entre l’envie d’éclater de rire ou celle de me mettre en colère. Après passage dans un troisième bureau, j’ai eu mon examen de santé.
« On constate tous les jours un peu plus, les effets délétères de notre société si fièrement connectée. Mais, sans contacts humains, les dégâts et l’indifférence risquent d’être tragiques. Pour leur impact planétaire, les machines ne cotisent ni pour la retraite, ni pour la sécurité sociale… »
Haro sur la fibromyalgie
François Monnier, de Blois (Loir-et-Cher) : « Des failles demeurent dans notre protection médicale et nos soins sanitaires associés à notre sécurité sociale, concernant certaines maladies invalidantes, notamment la fibromyalgie. Il a fallu attendre 1992 pour qu’elle soit difficilement reconnue par l’Organisation mondiale de la santé, et depuis le 10 juillet 2025, par la Haute Autorité de la santé, mais toujours pas acceptée en affection longue durée, laissant sur le bas-côté bon nombre de malades.
« Cette maladie frappe majoritairement les femmes (80 % des cas). Invisible, chronique, elle diffuse des douleurs intempestives dans tout le corps, accompagnées d’épuisement constant, même au réveil. Consécutivement, surgissent des troubles du sommeil, la fatigue continuelle, les tremblements permanents, le mal-être. Une grande fatigabilité rend ces malades dans un brouillard cérébral, impossible de se concentrer, d’accomplir une tâche continue….
« Le vrai traitement de la fibromyalgie stagne dans une nébulosité existentielle sans traitement médicamenteux rationnel. Donc, à notre Autorité de santé de considérer et prendre en charge cette maladie invalidante. »