Arrivé tardivement à l’audience correctionnelle de Nivelles le 9 janvier dernier alors que l’examen du dossier était largement entamé, le prévenu jura ses grands dieux n’avoir jamais nourri des sangliers dans une parcelle d’un champ proche de la forêt de Meerdael. « Je ne nourris pas mais je chasse les sangliers. Ils nous envahissent sans arrêt. Il faut éradiquer cette nuisance ! »
Son avocat avait expliqué au tribunal que l’on peut effectivement trouver des traces de grand gibier dans les environs de cette forêt et que des preuves de concassage de maïs y avaient été constatées. À l’entendre, il s’agissait de nourrissage de petit gibier (faisans, lièvres) qui est autorisé et qui avait été entouré d’une protection vraisemblablement abattue par des sangliers ou/et des chevreuils.
Il fit référence à un arrêt du Conseil d’État qui a considéré que des arrêts d’exécution pour la chasse étaient illégaux, ce à quoi l’avocat de la Région wallonne rétorqua que, comme la Cour de cassation l’a dit, il faut en pareil cas en revenir à la loi qui est applicable au cas d’espèce. Il demanda donc au tribunal de confirmer l’amende infligée au prévenu.
Le tribunal sollicita l’avis du parquet qui resta muet. La décision vient de tomber: acquittement pour l’amende de nourrissage, mais amende de 500 € avec sursis pour l’abandon des déchets.