« Vivalia est à 90 % en phase avec ces recommandations. […] La réforme, elle est déjà dans nos plans », réagissait Pascal Mertens, le 7 avril, auprès du Journal du médecin. Il est vrai que, outre la construction d’un nouvel hôpital à Houdemont (Habay), la transformation des autres sites hospitaliers de la province en « proxi-cliniques » (Arlon, Bastogne, etc.), anticipant les CML, est dans les cartons depuis belle lurette. D’autres réseaux, tels que le Chwapi à Tournai, ont aussi anticipé la réforme.

De nombreux hôpitaux sortent de terre un peu partout en Wallonie et à Bruxelles : « Les anciens sites arrivent en bout de vie en même temps »

« Le seul point problématique, c’est que les critères [que les experts] fixent pour les hôpitaux du type de Marche sont un peu trop élevés, poursuit M. Mertens. Si le gouvernement appliquait les recommandations à la lettre, Marche ne pourrait plus rester un hôpital général. Ce serait catastrophique pour nous. […] Si, demain, il n’y a plus de maternité à Marche, cela veut dire que, pour toute une partie de la province de Luxembourg, la maternité la plus proche serait soit au nouvel hôpital [de] Habay-Houdemont, soit à Liège, soit à Namur. Ce n’est pas acceptable, ni en termes d’accessibilité, ni en termes d’équité. »

On perçoit déjà les vives tensions politico-régionales que ces décisions vont engendrer.

Cet exemple illustre bien les difficultés auxquelles sont confrontées les zones rurales de Wallonie. Faute d’une activité suffisante en raison d’une faible densité de population, des sites risquent de devoir arrêter certains soins et services médicaux, réduisant l’accessibilité géographique à de tels soins et services.

Réforme des hôpitaux belges : au moins 39 sites sont menacésQue garderont les germanophones ?

Tout à l’est de la Région wallonne, c’est plutôt d’accessibilité linguistique qu’il est question. Les hôpitaux de Saint-Vith et Eupen, situés en Communauté germanophone, sont en effet tous les deux menacés, de même que celui de Malmedy, une commune à facilités linguistiques pour les germanophones, juste à côté.

L’hôpital Saint-Vincent de Dinant (CHU UCL Namur) vit, lui, une situation paradoxale. Il pourrait également être rétrogradé en centre médical local, perdant notamment sa maternité et ses urgences, alors que des travaux d’agrandissement y sont en cours. « On va arrêter tout ça, on va nous laisser des bâtiments à moitié construits ? Ce n’est pas crédible », pestait Richard Fournaux (MR), le bourgmestre de Dinant, au micro de Matélé, début février. « L’arrondissement de Dinant-Philippeville est le plus étendu de Belgique. Il y a déjà des gens qui font des kilomètres pour venir à l’hôpital à Dinant. L’éloigner encore un peu plus compliquera encore les choses. »

L’hôpital de Dinant, dont les taux d’activité sont un peu en dessous des seuils fixés par les experts pour obtenir la labellisation HGR, pourrait toutefois profiter de la conversion de l’hôpital de Marche en CML pour se sauver… On perçoit déjà les (très) vives tensions politico-régionales que ces décisions vont engendrer.