Avocat de la famille Corleone dans les deux premiers volets du « Parrain » et lieutenant-colonel aimant « l’odeur du napalm au petit matin » dans « Apocalypse Now », l’acteur américain oscarisé Robert Duvall est décédé dimanche à l’âge de 95 ans.

« Hier, nous avons dit adieu à mon cher mari, ami précieux et l’un des plus grands acteurs de notre époque », a écrit Luciana Duvall dans un communiqué partagé lundi sur les réseaux sociaux. « Bob est décédé paisiblement à la maison », a-t-elle ajouté.

Né en 1931, Robert Duvall a connu son premier grand rôle au cinéma à 31 ans dans « Du Silence et des ombres » (1962), adaptation du roman d’Harper Lee « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ».

Oscar du meilleur acteur en 1983

C’est ensuite Francis Ford Coppola qui lui a confié ses rôles les plus marquants: Tom Hagen, avocat du « Parrain » dans ses deux premiers volets (1972 et 1974), et Bill Kilgore, lieutenant-colonel amateur de surf dans « Apocalypse Now » (1979).

Ce film sur la guerre du Vietnam, qui valut à Robert Duvall une nomination aux Oscars et le fit véritablement entrer dans la lumière, le voit prononcer l’une des répliques les plus célèbres de l’histoire du cinéma: « J’aime l’odeur du napalm au petit matin », lance son personnage, torse nu et coiffé d’un chapeau de cow-boy, en plein bombardement américain utilisant largement cet agent incendiaire.

>> Voir notre grand format sur ce film : « Apocalypse Now », un tournage aussi épique que le film lui-même

Le personnage de Tom Hagen, joué par l'acteur américain Robert Duvall, dans "Le Parrain" (1972). [Collection ChristopheL via AFP - PARAMOUNT PICTURES - ALFRAN PROD] Le personnage de Tom Hagen, joué par Robert Duvall, dans le premier volet du « Parrain » (1972). [Collection ChristopheL via AFP – PARAMOUNT PICTURES – ALFRAN PROD]

Dirigeant d’entreprise tyrannique dans « Network: Main basse sur la télévision » (1976), militaire traitant sa famille comme des soldats dans « The Great Santini » (1979), il a remporté l’Oscar du meilleur acteur pour son interprétation en 1983 d’un ancien chanteur country devenu alcoolique dans « Tendre bonheur ».

Son rôle préféré était toutefois celui du Texas Ranger devenu cow-boy Augustus McCrae dans la mini-série télévisée « Lonesome Dove » (1989). « C’est mon ‘Hamlet' », disait-il au New York Times en 2014. « Les Anglais ont Shakespeare; les Français, Molière. En Argentine, ils ont Borges, mais le western est à nous. »

Aussi scénariste et réalisateur

L’un des rares regrets de sa carrière fut de ne pas avoir été retenu au casting des « Dents de la mer » de Steven Spielberg (1975). Egalement scénariste, réalisateur et producteur, Robert Duvall a dirigé cinq films, dont « Le Prédicateur » (1997), qu’il a écrit et dans lequel il incarne un pasteur évangélique en quête de rédemption.

Né en 1931 d’un père militaire et d’une mère comédienne amateure, il a étudié l’art dramatique, puis passé deux ans dans l’armée, avant de s’installer à New York pour s’adonner à sa passion du théâtre.

Robert Duvall vivait loin des paillettes, dans la campagne de Virginie, dans l’est des Etats-Unis, où sa famille avait ses racines. Il disait ne se rendre à New York et à Los Angeles que lorsque c’était nécessaire. Lui et sa quatrième épouse, l’actrice et réalisatrice argentine Luciana Pedraza, de 41 ans sa cadette, s’étaient établis dans une ferme vieille de près de 300 ans.

ats/iar