La 54e chambre du tribunal correctionnel les a reconnus coupable de toutes les préventions retenues à leur charge. Abdel E., défendu par Me Abdelhadi Amrani, écope de 12 ans de prison sur les 16 requis ainsi qu’une mise à disposition du tribunal d’application des peines (TAP) pour 10 ans. À l’échéance de sa peine, le TAP pourrait ainsi décider de le maintenir en détention pendant cette période s’il estime que les conditions pour réintégrer la société ne sont pas réunies.
Son ex-compagne, qui espérait une suspension probatoire du prononcé, est condamnée à 10 ans de prison. L’ex-puéricultrice a l’interdiction de travailler avec des mineurs pendant 20 ans également. Le substitut du procureur du Roi n’a pas requis l’arrestation immédiate des deux condamnés, qui disposent de trente jours pour interjeter appel.
Claire V. expliquait au tribunal, courant mars, avoir été sous l’emprise de son ex-compagnon de seize ans son aîné. Le tribunal a complètement balayé cet argument. Malgré sa personnalité dépendante et son faible QI et son immaturité émotionnelle, entre autres, la juge de céans a estimé que Claire V. avait agi en pleine conscience et que rien dans le dossier ne démontrait qu’il y aurait eu des menaces ou de la violence entre eux, au cours de leur relation.
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« Il est peut-être l’initiateur mais c’est elle qui travaillait dans la crèche. Sans lui, il n’y a pas d’idée mais sans elle, le projet ne se réalise pas », commente Me Julien Charles, l’un des avocats des parties civiles, à l’issue de l’audience.
La plupart des demandes de réparation financière des parties civiles ont été accordées par l’instance. Seule la directrice de la crèche a été déboutée, le tribunal estimant que gérer l’émotion des parents et du personnel, lorsque l’affaire a éclaté, faisait entièrement partie de ses attributions. Elle n’apporte pas suffisamment d’éléments pour prouver une quelconque atteinte directe suite aux faits.
Claire V. et Abdel E. avait été placés sous mandat d’arrêt en février 2025 suite au lancement d’une enquête en 2024 lorsque les autorités ont été alertées de « l’existence de messages échangés sur un réseau social mentionnant des faits de mœurs s’étant déroulés dans une crèche. »
Les condamnés s’étaient notamment échangé des photographies d’enfants dénudés, certaines de ces images ont été réalisées à la crèche par la puéricultrice, relève le tribunal. Abdel E. contestait être rentré dans la crèche pour y agresser des bambins. Pour la 54e chambre, il ressort toutefois à suffisance qu’il y est parvenu avec l’aide de Claire V., plusieurs témoins ayant aperçu plusieurs fois le quadragénaire apporter le repas de sa compagne.