Les salaires des travailleurs seront indexés dans les prochains mois en Belgique : voici les secteurs concernésUn système plus stable
Au cœur du dispositif gouvernemental, donc : un plafonnement, à deux reprises durant la législature, de l’indexation des salaires au-delà de 4 000 euros brut (et des pensions au-delà de 2 000 euros). Objectif affiché : contenir la progression des dépenses publiques et améliorer la compétitivité. Selon les projections, la mesure pourrait rapporter jusqu’à 1,2 milliard d’euros d’ici à 2030.
Face à cela, les partenaires sociaux ont élaboré une alternative. Plutôt que de limiter directement les salaires, ils proposent de modifier le calcul de l‘inflation, en particulier en ce qui concerne les prix de l’énergie. L’idée : lisser les variations sur douze mois et mieux prendre en compte les contrats existants. Une manière, selon eux, de rendre l’indexation plus stable, plus prévisible et plus conforme à la réalité des coûts.
Le saut d’index ciblé sur les revenus de plus de 4 000 euros sera enclenché dès le 1er juinPas de réponse de l’Arizona
Mais l’alternative ne semble pas avoir convaincu le gouvernement en soumettant au vote la mesure demain en séance plénière. « Le tout sans notification ni réponse du gouvernement au G10 », lance, amer, l’une de nos sources. Peut-être la projection du Bureau fédéral du Plan et de l’ONSS, qui estiment que cette mesure du G10 dégraderait le solde budgétaire de 352 millions d’euros en 2029 et de 158 millions en 2030 par rapport au dispositif gouvernemental, explique cette « non-réponse ». À plus long terme, toutefois, l’impact serait neutre, les hausses et baisses de prix finissant par se compenser.
Bref, cet « accord historique », comme le nommait la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), semble balayé d’un revers par l’Arizona. « Ils mettent à mal la concertation sociale et c’est grave », dit une autre de nos sources. La FEB voyait pourtant dans la proposition des syndicats et du patronat la preuve que le dialogue social peut produire des solutions équilibrées.
La décision gouvernementale de mettre la mesure à l’agenda de la plénière met aussi l’Arizona sous tension. D’autant plus qu’à bonnes sources, La Libre apprend aussi que l’opposition pourrait encore une fois obtenir un report du vote, ce qui compliquerait encore le calendrier budgétaire, alors que l’indice des prix d’avril doit être validé avant la fin du mois. Un point qui n’est pas anodin: cette validation de l’indice des prix doit en effet être réalisée par… les syndicats et le patronat. Il se murmure que la FEB pourrait même ne pas le valider, cet indice des prix … Ce qui mettrait une grosse pression sur le gouvernement. La séance plénière risque d’être chahutée.