Après plusieurs années de silence, le retour de Gus Van Sant a vraiment quelque chose de réjouissant. Dans La Corde au cou, il s’empare d’un fait divers pour nous offrir un thriller implacable, doublé d’une diatribe jubilatoire sur la dilution du rêve américain dans un capitalisme à tous crins. Ancré dans l’esthétique des années 1970, le film en dit paradoxalement plus sur notre présent que bien des productions actuelles. Ce qui frappe avant tout, chez ce cinéaste hors pair, c’est la qualité de la mise en scène. Gus Van Sant orchestre chaque plan avec sa rigueur et son élégance habituelles. On retrouve ce sens du rythme, cette manière de laisser respirer les scènes, conférant au film son identité si particulière. Rien n’est gratuit : chaque mouvement, chaque cadrage participe à une construction subtile.
À cela s’ajoute une dimension satirique particulièrement savoureuse. Van Sant glisse, par touches fines, un humour discret, presque insidieux : de petites respirations qui renforcent l’ironie mordante du propos et l’aspect ambivalent du personnage principal, excellemment interprété par Bill Skarsgård. La musique joue un rôle majeur dans ce film. Le jazz, la soul, le funk, le spoken word : autant de genres qui dialoguent directement avec l’image. Souvent issus de la radio, les sons émergent de l’environnement même des scènes, ce qui renforce l’impression de réalisme. Mise en scène, rythme, musique, satire : tout, dans La Corde au cou, renforce le plaisir du spectateur et rappelle pourquoi le cinéma de Gus Van Sant reste unique.
À découvrir en VOSTFR : mercredi 29 avril (18 h 15), vendredi 1er mai (18 h 15), samedi 2 mai (11 h), dimanche 3 mai (18 h 15).