Dans le fond, c’est quoi la Suisse? Aux yeux du monde, c’est souvent le chocolat, les montagnes et les montres, et évidemment les banques, avec parfois de l’argent pas très propre qui y sommeille. Mais c’est aussi, bien sûr, la neutralité. Une notion questionnée au quotidien depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 puis le déclenchement l’année suivant de la guerre meurtrière à Gaza à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas en Israël.

Du coup, c’est quoi la neutralité? «C’est quelque chose qui nous rapproche, qui nous tient ensemble en tant que peuple, mais qui parmi les quatre piliers de l’identité suisse n’a pas, à l’opposé de la démocratie directe, du fédéralisme et du multilinguisme, une dimension existentielle», estime Stéphane Goël, documentariste vaudois qui a toujours eu une appétence pour les sujets politiques ou sociaux – la justice (Prud’hommes, 2010), les luttes pour l’égalité des genres (De la cuisine au parlement, 2012) ou encore les combats climatiques (Citoyen Nobel, 2020; Etat de nécessité, 2022).