Le graveur François Béalu (1932-2020), installé à Tréduder de 1971 à sa mort, était très attaché à Lannion. Pour la quatrième fois, la galerie Au passeur présente son travail, mais c’est la première fois qu’est présentée une facette presque secrète de son œuvre.
En effet, à une période de sa vie, l’artiste avait choisi d’intégrer ses gravures dans des morceaux de bois brut grâce à la technique du marouflage. « Utilisée dans des techniques de restauration d’œuvres, explique Gildas Gourlay, propriétaire de la galerie, le marouflage permet d’intégrer à un support rigide une matière souple, par exemple le papier des gravures. »
Un travail caché
C’est le fils de François Béalu, Julien, qui a souhaité présenter ce travail caché. Le résultat est étonnant. Les gravures, ou les morceaux de gravures, font corps avec le bois brut.
Selon Gildas Gourlay, il s’agit d’œuvres des années 1990. L’artiste était un explorateur de techniques. En plus de graver des plaques de cuivre mises sur papier à l’atelier Lacourière et Frélaut, connu pour avoir travaillé avec Picasso, Chagall, Matisse ou Sempé, Béalu a notamment peint des toiles de lin géantes sur un thème qui a marqué sa vie, les enfants perdus dans la guerre. En effet, pendant l’Exode de juin 1940, François Béalu, âgé de 7 ans, a été perdu pendant une semaine, avant que sa mère le retrouve.
Son œuvre, plutôt abstraite, a évolué tout au long des cinquante années qu’il a consacrées à la gravure. Toutefois, selon le site internet qui lui est consacré, une bonne part de son travail consiste en une hybridation du corps et des paysages. Le mieux est sans doute d’aller découvrir cette approche par soi-même.
Pratique
Galerie Au Passeur, 14, rue Saint-Yves, du 29 avril au 27 juin. Tel : 06 99 05 43 11