
Evolution du nombre d’infractions en Belgique ©IPM Graphics
Et de poursuivre : « On peut aussi souligner le nombre croissant de radars fixes, mobiles, lidar et de radars tronçons sur notre territoire ». Notre pays compterait en effet près de 4 000 radars, selon la base de données SCDB. Soit 422 radars par million d’habitants, un record. « Depuis 2017, la Région wallonne a accordé à notre zone de police davantage de moyens pour mettre en place de nouveaux radars, ce qui a fameusement augmenté le nombre de constatations », enchérit Jean-Michel Tubetti, chef de corps de la zone de police des Arches (Andenne, Ohey, Gesves, Assesse, Fernelmont).
Rappelons que selon un sondage européen, pour près d’un conducteur belge sur cinq, la principale motivation à respecter le code de la route est d’éviter une amende ou une sanction. « On voit que la mentalité est défaillante en Belgique. On a encore du travail pour convaincre les Belges de la nécessité de respecter le code de la route pour garantir la sécurité des usagers. Dans ce contexte, les radars restent indispensables : plus encore en Belgique que dans les autres pays », note Benoit Godart.
Des contrôles stratégiques
« Les automobilistes ont tendance à s’habituer à la présence de radars sur certains axes, pointe pour sa part Jean-Michel Tubetti. Il constate en effet une diminution des verbalisations des radars fixes et tronçons dans sa zone de police. Cela entraînant une diminution des accidents aux endroits où ils ont été placés. « Et c’est tant mieux, car ces zones sont généralement accidentogènes. Une réduction de la vitesse prévient ces accidents. »
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Avant, un radariste flashait pendant quatre heures et analysait les images pendants quatre heures. Aujourd’hui, il flashe pendant huit heures. »
Pour surprendre davantage les chauffeurs, les zones de police locales ont donc recours à d’autres stratagèmes. « Un agent qualifié prend le volant du véhicule qui contient le radar mobile. Il le positionne sur le bord de la route et commence à flasher. Plus loin, une équipe de policiers motards arrête les véhicules en infraction grave, procédant parfois à des retraits de permis directs », décrit ce chef de corps. Ce genre d’opération « marque le coup et nous fait une certaine publicité », mais demande « une certaine capacité policière ».
Fait facilité depuis 2017, grâce à la création du Centre régional de traitement (CRT). « Avant, chaque zone de police disposait de son agent opérateur radar. Il posait son radar sur le bord de la route, flashait les automobilistes et rentrait ensuite à l’unité pour visionner toutes les photos qu’il avait faites », explique Jean-Michel Tubetti. Aujourd’hui, ces images sont envoyées directement au CRT, qui s’appuie sur « des systèmes numériques intégrés pour automatiser la constatation, la validation et le traitement des infractions », affirme la Police fédérale. Ceci permet d’augmenter la capacité policière des zones locales. « Avant, un radariste flashait pendant quatre heures et analysait les images pendant quatre heures. Aujourd’hui, il flashe pendant huit heures. »
Enfin, la Police fédérale affirme que le recours croissant aux Sanctions administratives communales (SAC), sanctionnant notamment les infractions de stationnement, contribue également à cette croissance du nombre d’infractions constatées.
Les Belges ont payé plus de 575 millions d’euros d’amendes en 2024« Quand on est signalés sur Waze, on lève le camp »
L’arrivée d’applications de navigation comme Waze a bouleversé le travail des zones de police. Pour celle des Arches, il s’agit là d’un allié de choix dans la lutte contre les accidents : lorsqu’un agent installe son radar mobile sur un axe, il est très souvent repéré et signalé sur l’application. Une aubaine pour le chef de corps Jean-Michel Tubetti. « Quand nous sommes signalés, cela incite les automobilistes à lever le pied pour ne pas se faire flasher. Ça veut dire qu’à cet endroit-là, il y aura moins d’accidents pendant un certain temps, même si on bouge, conçoit-il. Finalement, quand Waze nous signale, on lève le camp pour un autre axe problématique ». L’application aurait donc un effet bénéfique sur cet aspect de leur travail. Le chef de corps de cette zone de police admet en tout cas consulter Waze régulièrement pour se tenir informé des zones signalées. Cela lui permet de diversifier les zones de contrôle.
Augmentation de 10% des amendes routières et de 25% des amendes pénales