Une enfance brisée et un long chemin vers la reconstruction
« Cette période de mon existence a été traumatisante même si, en tant qu’enfant, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. J’avais presque l’impression que ces violences faisaient partie de l’éducation. Que c’était normal. Puis, une connaissance m’a ouvert les yeux et ça a ensuite été un long combat pour me relever, me reconstruire… », nous raconte Tomas, issu d’une famille de cinq enfants.

Le jeune homme respire aujourd’hui la joie de vivre. ©EDA
Placé dans un centre de protection de l’enfance dès l’âge de 10 ans, le jeune homme n’en est ressorti qu’à l’aube de sa majorité, à 17 ans. Dans les foyers où la violence est malheureusement omniprésente, peu de victimes osent parler, souvent par peur, et parce que le sujet reste extrêmement tabou.
C’est à ce niveau où l’on prend la mesure de son courage, lui qui a accepté de témoigner, pas seulement pour éveiller les consciences mais aussi pour transmettre un message d’espoir. « Peu importe finalement les épreuves de la vie, de tomber plus bas que terre, il y a toujours une lumière au bout du tunnel. C’est important de croire en soi pour s’en sortir, y compris après un traumatique car la réussite peut ensuite être au rendez-vous. »
Après la famille, la danse comme premier refuge
Tomas Deroo pratique la danse classique et contemporaine depuis dix ans. ©Com
S’il ne souhaite à personne d’endurer de tels actes de violence, Tomas Deroo a aujourd’hui réussi à surmonter son pénible passé et à regarder droit devant. « Il y a encore quelques coups de mou mais je suis passé au-dessus de tout ça, pour avancer dans la vie. Ce que j’ai subi durant l’enfance a renforcé la personne que je suis aujourd’hui, tout comme les relations, davantage fusionnelles, avec mes proches. »
Parce qu’après la pluie vient le beau temps, le Leuzois a trouvé dans la pratique de la danse un formidable exutoire. « Depuis 10 ans, j’exerce cette passion pour les danses contemporaines et classiques au sein du Ballet du Nord à Roubaix (Centre chorégraphique national). Le rythme est assez soutenu avec 10 h 30 d’entraînement par semaine. »
Une revanche sur la vie sous les projecteurs des concours de beauté
Le reste de son temps, en dehors de ses études, Tomas le met à profit d’une noble cause, en s’investissant comme bénévole auprès d’enfants de l’école d’enseignement spécialisé La Goélette, à Leers-Nord. « Je prends beaucoup de plaisir à y animer des ateliers sur la confiance en soi. »
Sa revanche sur la vie, le jeune homme l’a également trouvé sur les podiums et sous les projecteurs des photographes. Engagé dans le mannequinat, il enchaîne les collaborations après avoir été repéré sur son premier défilé en tant que danseur. Et depuis un an, Tomas Deroo vit un rêve éveillé. Après s’être inscrit à plusieurs concours de beauté, « Monsieur Leuze » a récemment fait bonne figure lors de l’élection de Mister Région wallonne.

Tomas a représenté Leuze lors de l’élection de Mister Région wallonne. Crédit : L’instant Snap photography ©Com
« Je suis sorti aux portes du top 8 mais en décrochant le prix de la tolérance et de l’élégance, j’aurai l’honneur de concourir pour le titre de Mister Pearl, le 23 mai en la salle de l’entité de Celles. « Je ne m’attendais pas à recevoir cette distinction. La symbolique est belle avec la voix que j’entends porter. Ce prix a une résonance particulière vis-à-vis de mon parcours et des valeurs que je défends : le respect, la bienveillance et l’inclusion sociale. »