Ces dégradations ? Tags, barrière descellée, dépôts de déchets en tout genre, dont des dépôts de pierraille. « On ignore d’où viennent ces pierres ; pourquoi et comment elles ont atterri à cet endroit. Mais on va y envoyer une équipe du service des travaux pour procéder au nettoyage du lieu et le sécuriser dans un premier temps. » À plus long terme, et c’est l’objet de la réflexion menée par le collège communal, la Ville se demande encore s’il faut en interdire totalement l’accès. « Pour ça, il faudrait tout d’abord une autorisation de l’AWaP (Agence wallonne du patrimoine). Mais ce qu’on veut à Huy, c’est laisser ce site à la jouissance des Hutois et des touristes de passage. »

Une caméra de surveillanceTombeau Pierre L'Ermite à HuyTombeau Pierre L'Ermite à HuyLa Ville de Huy va envoyer une équipe pour un nettoyage. ©Doc

La Ville envisage également de placer là une caméra de surveillance. « Il y a parfois des gens qui se rendent dans le monument pour faire leurs affaires…, sous-entend l’échevin. Et des jeunes y viennent sur le site pour se retrouver. » Une caméra pourrait peut-être dissuader d’y faire n’importe quoi.

L’internaute, déjà mentionné, parle par ailleurs de restes de la dépouille désormais accessibles. Or, s’il y a bien un squelette gisant à cet endroit, aucun de ces os n’appartient à Pierre l’Ermite. « Toutefois, historiquement et symboliquement, les Hutois sont dans une certaine mesure attachés à ce monument. C’est pourquoi on travaille à chercher une solution pérenne. »

L’Ermite, mélange de réel et de légendeTombeau Pierre L'Ermite à HuyTombeau Pierre L'Ermite à HuyLa statue de L’Ermite. ©Doc

Des traces de Pierre l’Ermite (né à Amiens vers 1050) présentes dans l’Histoire, il y en a jusqu’en 1096. « Pierre l’Ermite est connu pour avoir prêché l’appel à la première croisade lancée sur Jérusalem pour reprendre le tombeau du Christ, explique Stéphanie Ratz, historienne au service du patrimoine de la Ville de Huy. Il y avait deux croisades : celle des notables, menée par le pape, et celle des pauvres, elle, menée par Pierre l’Ermite. C’est surtout pour cela qu’il est connu. »

C’est donc à Jérusalem qu’on perd toute trace de l’homme. « À partir de là, la documentation fait défaut et c’est là que la légende commence. Certains disent qu’il aurait mené bataille à Jérusalem, d’autres qu’il aurait fui les combats, d’autres encore disent qu’il serait venu à Huy vers 1100, qu’il y aurait fondé le monastère de Neufmoustier et qu’il y aurait finalement péri. »

D’ailleurs, une trace de l’Ermite datant du 8 juillet 1115 existe dans l’obituaire du monastère hutois (aujourd’hui conservé au musée Grand Curtius à Liège). « Mais son nom inscrit dans le livre ne prouve pas qu’il était à Huy à cette époque. »