Un dentiste se retrouve devant le tribunal après l’extraction de quatre dents de sagesse: une patiente de 15 ans l’accuse d’attouchementsLe parquet avait requis une mesure de faveur
En sortant du cabinet, elle parle immédiatement à son papa de ce qui vient de se passer. Elle le répète à sa maman sur le chemin du retour. L’adolescente ne souhaite pas, à ce moment, se rendre à la police. En 2023, âgée de 18 ans et donc devenue majeure, la jeune fille se décide à déposer plainte après un long cheminement : un épisode de refoulement, des automutilations, une dépression, un décrochage scolaire…
Pour le parquet, la culpabilité du dentiste est établie et l’impact a été très important pour la victime. Tenant compte de l’ancienneté des faits, de leur caractère tout à fait isolé, du casier judiciaire vierge et des expertises, toutes favorables, réalisées en cours d’instruction, le parquet avait requis une suspension probatoire – une condamnation sans peine si les conditions sont respectées. L’avantage de ce dispositif, c’est qu’aucune peine n’est inscrite au casier judiciaire si le délai d’épreuve est respecté.
Une querelle amoureuse finit en tragicomédie au tribunal : « On aurait dû régler ça autour d’un Limoncello »« Un homme au parcours irréprochable, normal, correct »
L’accord du prévenu doit être recueilli à l’audience pour cette mesure de faveur. Mais le dentiste, qui conteste les faits, s’est opposé à une suspension probatoire du prononcé. La défense réclamait l’acquittement pour cet homme « au parcours irréprochable, normal et correct ». L’avocat du praticien avait ajouté se poser des questions quant aux accusations dont son client était la cible : « Il n’y a pas d’autres preuves que la déclaration de cette fille de 15 ans ».
Le tribunal a pour sa part jugé que la partie civile était digne de foi, à l’inverse du prévenu qui avait justifié le massage au niveau de la poitrine en raison d’un malaise vagal de la patiente après l’intervention. Cet incident médical apparemment impressionnant n’apparaît pourtant dans aucun document, ni dans le dossier de la jeune patiente, avait relevé le parquet.
La version du prévenu manque totalement de crédibilité, selon le jugement. L’analyse du téléphone portable du dentiste, qui a montré que l’intéressé faisait de nombreuses recherches à propos de massages sur des sites internet pornographiques, va en outre dans le sens du récit de la victime.
Le dentiste a été condamné à une peine de prison qui s’affichera donc dans son casier judiciaire.
La condamnation n’est pas définitive. Le dentiste a trente jours pour faire appel.