Ce jour-là, Sofie a tout perdu. Sa vie a complètement basculé. Mais pour tenter de se reconstruire, elle avait trouvé un moyen de faire revivre son enfant. Et tout doit déjà s’arrêter brutalement…

Sofie et sa fille, Noor.Sofie et sa fille, Noor. – Facebook

Pendant dix ans, Sofie a consacré toute son énergie à son association « Kleine Held », qui aidait les bébés prématurés et leurs parents. Un projet né après la perte de sa fille Noor, décédée à sept mois. Aujourd’hui, faute de moyens, elle doit y mettre fin. « Noor a lutté pour rester en vie. Et moi, je voulais me battre pour ce projet, en hommage à elle ».


Peu après les funérailles de son enfant, Sofie s’est lancée dans cette initiative avec des bénévoles, confectionnant des vêtements adaptés et des couvertures pour couveuses. « C’était ma façon de faire mon deuil », explique-t-elle à nos confrères du Nieuwsblad. « Je ne voulais pas que d’autres parents ressentent cette impuissance. Et surtout, Noor ne devait pas être morte pour rien ».




En dix ans, des milliers de kits ont été distribués et des centaines de séances photo offertes. « Dans une chambre d’hôpital, prendre de belles photos n’est pas évident », dit-elle. Elle-même garde précieusement un cliché unique avec ses deux filles : « C’était notre seule photo de famille. Un mois plus tard, Noor est décédée ».

La naissance en 2015 a viré au cauchemar. « Je pensais vivre un moment heureux, mais c’était une lutte constante. Noor n’est jamais rentrée à la maison ». Malgré sa fragilité, le bébé a montré une grande force : « Un petit être entouré de tuyaux… et pourtant si déterminé ».

Soutenir d’autres familles l’a aidée à tenir. « Certains parents disaient que, grâce à nous, ils se sentaient enfin maman ou papa ». Mais aujourd’hui, l’arrêt de l’association est une nouvelle épreuve : « Je me sens comme une maman qui a échoué. C’est comme si elle mourait une deuxième fois », conclut tristement Sofie.