Le réseau fribourgeois de santé mentale lance une nouvelle unité hospitalière. « LUNA PREM » s’adresse aux personnes qui vivent avec un trouble de la personnalité borderline, une première en Suisse romande.

Le diagnostic est arrivé il y a trois ans, lorsque Chloé Wenger soufflait sa dix-huitième bougie. « J’ai un trouble de la personnalité borderline », se déleste-t-elle, assise au bureau de sa chambre. Ce trouble se caractérise par une instabilité émotionnelle marquée, une impulsivité importante, une peur de l’abandon ainsi que des relations interpersonnelles souvent intenses et chaotiques.

« Au quotidien, je ressens des émotions très intenses et cela crée une assez grande détresse, décrit cette Fribourgeoise. Souvent, on va compenser avec des actes auto-dommageables. Pour moi, c’étaient les scarifications. »

Des soins parfois inadaptés

Après plusieurs hospitalisations, des mois difficiles et des soins parfois inadaptés, Chloé Wenger est orientée vers le réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM). Là-bas, elle suit un premier programme, « PRISME », puis accède à une toute nouvelle thérapie, « LUNA PREM« . Une approche qui détonne drastiquement avec ses précédentes hospitalisations.

Dans ce parcours thérapeutique, l’idée n’est pas de « bourrer de médicaments les patients », explique-t-elle. « On essaie de faire autrement, et en dernier recours, on donne une réserve [une médication, ndlr]. Avant, assure-t-elle, on m’assommait, plutôt que de trouver une solution. »

Si dans un premier temps, l’approche basée sur la thérapie comportementale dialectique constitue un défi pour la jeune femme, elle finit par lui adoucir le quotidien. « Je considère que ce programme m’a appris à développer une meilleure qualité de vie. Par exemple, maintenant, j’ai un travail, j’ai des relations avec mes amis, j’ai un copain. »

Une première en Suisse romande

Comme Chloé Wenger, 2% de la population suisse vit avec cette pathologie. Pour le RFSM, il y avait urgence à développer une unité spécialisée. « C’est un programme qui a lieu sur quatre semaines à l’hôpital », détaille Florence Guenod, directrice du Département de psychologie. « Les patients ont à la fois des entretiens individuels et des thérapies de groupe avec des thèmes spécifiques. L’idée est vraiment d’avoir des outils, des stratégies pour mieux gérer les émotions, l’impulsivité. »

En essai pilote pendant un an, ce programme livre de bons résultats. La psychologue Florence Guenod note une diminution des hospitalisations chez les personnes ayant suivi la thérapie. L’unité se compose de 21 lits et est chapeautée par une équipe pluridisciplinaire regroupant une vingtaine de professionnels de santé. Il s’agit d’une première en Suisse romande.

Salomé Laurent/vic