« Les dossiers dataient de 1975. On avait de quoi venir les réinterroger aujourd’hui », indique Fanny Gosselin, chargée d’études d’inventaire du patrimoine au conseil régional de Bretagne. C’est ce qui s’est passé l’année dernière avec l’opération participative le « Printemps du pan de bois », qui a été menée entre avril et juin. Les Guingampais étaient invités à ouvrir leur porte et partager leurs souvenirs concernant les maisons à pan de bois. Ils ont joué le jeu sans forcément bousculer les connaissances sur le sujet : « Globalement, on n‘a pas forcément sorti plus de maisons que ce qui était déjà connu. Par contre, on a augmenté la connaissance sur plusieurs de ces maisons », ajoute Fanny Gosselin. C’est la place du centre qui concentre « un remarquable ensemble de maisons du 15e siècle », peut-on lire dans le rapport détaillé de cet inventaire. Il en existe aussi lorsqu’on s’éloigne de la place du centre, comme dans la rue du Grand Trotrieux.

« Ça sera un beau livre »

Fanny Gosselin est repartie de Guingamp avec « des contributions précieuses pour enrichir la connaissance de ce patrimoine » : cartes postales anciennes montrant des maisons aujourd’hui disparues, photographies inédites, cartes à jouer du 18e siècle retrouvées dans un mur en torchis place du centre… Une première synthèse de cet inventaire a été publiée sur le site Internet de la région. Il servira aussi à nourrir un livre qui sera publié en 2028 : « ça sera un beau livre qui fera la synthèse, à l’échelle de la Bretagne, de ce que l’on peut dire, sur ces dix dernières années, sur le pan de bois breton ».

En attendant, il est toujours possible de sillonner le centre ancien de Guingamp pour les découvrir. Il suffit de télécharger l’application Glad de la région pour toutes les trouver, avec une fiche de description pour chacune. « L‘application nous permet de mettre à disposition toutes nos connaissances publiées au moment T », commente Fanny Gosselin.

Opération de réhabilitation

Au-delà du grand public, ce bilan doit également servir aux élus : « Après, la main est un peu à la ville pour la suite. Quand on fait ces inventaires sur le patrimoine, c‘est vraiment aussi pour que, au-delà de la connaissance patrimoniale, ça puisse servir aussi aux opérations d’urbanisme ».

Si des maisons sont concernées par une opération de réhabilitation, les élus seront ainsi prévenus qu’il peut s’agir ou non d’une maison à pan de bois. « Il en reste qui ne sont pas forcément visibles tout de suite, qui ont un enduit par exemple. C’est important pour nous de pouvoir sensibiliser, prévenir et avoir la donnée à dispo pour qu‘on puisse en avoir conscience dans le cadre de ces réhabilitations », conclut Fanny Gosselin.