Il existe également un pied bot inverse, mais c’est beaucoup plus rare.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan : un film où le pied bot est au coeur de l’intrigueLe pied bot: une affection génétique

Ce sont majoritairement les garçons qui naissent avec un pied bot : deux garçons pour une fille. « L’affection est d’origine génétique. Si un parent a lui-même un pied bot, le risque est de 3 à 7 %. Si la maman a un pied bot, le risque est un peu plus grand que si c’est le papa. Et si les deux parents ont un pied bot, cela peut monter jusqu’à 30 % », précise le spécialiste.

Les preuves sont moins présentes pour expliquer le lien entre pied bot et facteurs environnementaux, « mais on pense que si la maman fume pendant la grossesse, le risque est un peu plus grand ».

Il peut s’agir d’un seul pied bot ou des deux, « c’est 50-50, pour un pied bot idiopathique » dit le Dr Bellemans.

Un pied bot idiopathique, c’est quoi ? « Un enfant qui est parfaitement normal par ailleurs, mais présente un ou des pieds bots, répond l’orthopédiste. À l’inverse, il y a des pieds bots qui font partie d’un syndrome plus global, dans le cadre d’une malformation au niveau musculaire, un myéloméningocèle, une anomalie grave de la colonne vertébrale, qui est la forme la plus fréquente et grave de spina bifida. »

Cinq opération de chirurgie orthopédique pour Lindsay VonnEst-ce qu’il y a différents degrés de gravité dans les pieds bots?--La différence entre un pied bot et un pied normal ©Adobe Stock

La gravité du pied bot dépend de la rigidité du pied au départ, selon le Dr Bellemans. « Si le pied est très rigide et qu’après la naissance, on a des problèmes de mobilité du pied, le traitement devient plus difficile. »

Les pieds bots atypiques sont également plus résistants au traitement. « Ce sont des pieds bots très courts, et au lieu d’avoir une déformation vers l’intérieur, ils ont une déformation dans la plante du pied, qui peut faire penser à une fissure. »

Prise en charge de l’enfant dès la naissance

On commence le traitement des enfants à la naissance. « Personnellement, si l’enfant pèse moins de 3 kg, j’attends qu’il ait atteint ce poids pour le prendre en charge, parce que la peau des nouveaux-nés de petite taille est très fine, et on risque un peu trop de les blesser. »

Ce sont les hôpitaux spécialisés qui prennent en charge les pieds bots, au moyen de la méthode Ponseti. « On manipule le pied du bébé pour le corriger, en changeant de plâtre chaque semaine. On manipule, on plâtre pendant 6 à 7 semaines, jusqu’à ce que le pied soit tout à fait corrigé. »

Dans certains cas, les plâtres ne parviennent pas à redresser le pied, et il faut alors procéder à une ténotomie du tendon d’Achille. « C’est une opération qui consiste à allonger en incisant le tendon d’Achille. Elle se fait généralement sous anesthésie locale, puis l’enfant doit encore porter un plâtre pendant trois semaines, précise le Dr Bellemans. Après cela, le pied est corrigé. »

Maintenir la correction du pied

Une fois le pied redressé, il faut garder la correction. « Si on arrête le traitement, le pied se remet en position initiale. C’est pourquoi on utilise des attelles : deux chaussures montées sur une barre qui maintient les pieds vers l’extérieur. Au début, on explique aux parents que l’enfant doit les garder 23 heures sur 24. On l’enlève juste pour prendre le bain, jusqu’à l’âge de huit mois. »

À partir de huit mois, l’enfant commence à être mobile, à ramper, marcher à quatre pattes. « Là, on autorise les parents à enlever l’appareil pendant que l’enfant est éveillé. Mais on le maintient encore pour la nuit et les siestes, jusqu’à l’âge de 3-4 ans. »

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Le pied bot ressemble à un club de golf, d’où son nom anglais : le club foot. »

La compliance, le fait de bien appliquer le traitement au quotidien, est essentielle : « Quand on abandonne le traitement, les récidives sont fréquentes. Mais si les parents se tiennent à faire porter les chaussures, le taux de réussite est de 95 %. »

« Cela permet à l’enfant d’avoir une vie tout à a fait normale, de courir, aller à l’école. Les autres enfants ne remarquent rien… »

Le pied bot n’est plus visible, mais l’enfant né avec un pied bot n’a jamais un pied parfaitement normal, selon le spécialiste : « Et toutes les structures distales du genou sont moins développées, ajoute-t-il. Quand il n’y a un pied bot quE d’un côté, on constate toujours une différence entre les circonférences du mollet… Et le pied est un peu plus petit, d’un centimètre en moyenne. Les personnes portent souvent une petite semelle, et des chaussures fermées, qui tiennent bien aux pieds. »

Pourquoi porter des semelles orthopédiques ?