Un petit carnet : c’est l’indispensable de Brice Cumin. Rangé dans un sac banane qu’il ne quitte pas, il parcourt Lamballe et Erquy et s’emplit de petits croquis faits de feutre noir. Mais ce qui distingue le peintre, ce sont ses pochades, des croquis en couleur exécutés en quelques coups de pinceau. Port de Dahouët, fleuve Flora, sentier des Douaniers, architecture lamballaise et même une crêperie, qu’il a offert à la gérante, devenue une amie… L’artiste peint tout ce qui l’inspire.
« Coup de cœur » pour le Penthièvre
Originaire de la région parisienne, il a eu « un coup de cœur » pour le pays de Penthièvre en arrivant il y a six ans, et a fait de la peinture son métier. « On peut faire des pochades tous les jours sans se lasser », dit-il en présentant ses petits formats, dont le trait coloré se détaille sur du carton, du bois, des couvertures de livres ou des toiles. Avant 2020, il travaillait dans le dessin animé. « J’avais un manque. Ce que je retenais des dessins animés, c’étaient les couleurs et les décors. »
Je veux que quand on voit mes œuvres, on se dise : « ça c’est sûrement les pochades de Brice »
Lors de son installation à Saint-Alban, l’homme de 47 ans, a eu « envie de recréer des choses ». L’atmosphère côtière a ravivé sa flamme artistique etil n’a pas tardé à racheter carnets, pinceaux et quatre tubes de peintures, qu’il range dans sa mallette en bois avec quelques chiffons, un peu d’eau et des palettes. En accordant quelques minutes à chaque page, il complète un carnet par an avec ses croquis au feutre noir, et un autre quand il part en vacances.
L’objectif de l’artiste est d’exposer une de ses collections dans une galerie. (Le Télégramme/Léna Bougon)L’île des morts ou les Korrigans
Au départ, un peu difficile pour lui de trouver sa patte parmi le flot d’artistes présents à Dahouët. « Je veux que quand on voit mes œuvres, on se dise : « ça c’est sûrement les pochades de Brice ». Et puis quand on a un thème, c’est plus facile de peindre, c’est plus visuel ». Le néo-Breton a finalement trouvé son coup de crayon : des paysages, un univers mystérieux et coloré qu’il retranscrit sur tous supports avec de l’acrylique, peinture qui sèche instantanément et laisse de la place à « l’imparfait ».
Et depuis peu, il s’inspire des légendes bretonnes avec l’objectif de se constituer une collection pour exposer en galerie. Ses tableaux partent d’un paysage emblématique autour de Lamballe, que l’artiste revisite avec les légendes de Bretagne, terre de dragons. Dans sa dernière toile, l’îlot du Verdelet à Pléneuf-Val-André devient l’île des morts, dont les âmes y sont emmenées par l’Ankou. Dans une autre, le fleuve Flora est envahi de Korrigans. « Ce ne sont que des clins d’œil ». C’est en lisant et en discutant qu’il a construit cet univers unique.
En moins de 10 minutes, Brice a réalisé un croquis de l’Église Saint-Jean, ce mercredi 29 avril, au matin. (Le Télégramme/Léna Bougon)En vente au marché de Saint-Alban
Brice Cumin ou « Les pochades de Brice » sur les réseaux et ses centaines d’abonnés, n’est pas non plus inconnu des marchés. Il y vend ses œuvres, notamment à Noël et bientôt sur son site internet. Cet été, il ne fera qu’un marché, celui de sa commune, Saint-Alban, pour la saison. Il y vendra des originaux, des représentations et toute une panoplie de dérives de ses peintures comme des magnets, autocollants, cartes postales, affiches… Sur ses réseaux, on peut aussi lui passer des commandes. En partant d’une photo ou en allant sur place, il repatouille à sa sauce les couleurs pour les faire ressortir. « Je pars tout le temps des couleurs primaires et avec ça, je peux tout faire », dit-il assurément.
Son prochain tableau est déjà pensé. Il parlera des Lavandières, avec, qui sait, l’îlot Saint-Michel en bonus ?
Pratique
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