Qu’est-ce qui vous a séduite dans cette série ?

« Tout : l’histoire, le scénario, l’esthétique de la série mais aussi le metteur en scène et la productrice Iris Bucher. C’est le troisième volet d’une collection qui me plaisait déjà beaucoup. Donc, lorsque j’ai été contactée pour Été 36, je n’ai pas hésité une seule seconde. Tout me parlait, tout me plaisait. Je sortais d’une série plus contemporaine, Brocéliande, et là je me retrouvais dans une série historique avec des acteurs fabuleux. Ça cochait toutes les cases. »

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Comme Le Bazar de la Charité et Les Combattantes, cette série met les femmes en avant. Êtes-vous féministe dans l’âme ?

« J’ose espérer que toutes les femmes le sont. Après, il y a différentes façons de l’incarner au quotidien et de le défendre. Cette série, comme les deux autres de la collection, est résolument féministe à des périodes différentes de l’histoire. On suit toujours le destin, la trajectoire de quatre héroïnes qui sont confrontées à des problèmes sociaux et des problèmes dans leur vie privée. C’est intéressant de voir l’évolution de ce combat mené par les femmes depuis toutes ces années, de se faire que ça avance doucement mais qu’on n’y est pas encore. Il faut continuer à s’engager et à défendre le droit des femmes plus que jamais. »

En quoi le contexte historique de 36, avec l’arrivée des congés payés, résonne-t-il avec notre époque selon vous ?

« C’est ce qui m’a séduite aussi. La période de 36 était une sorte de bulle de champagne, des derniers moments de joie, de légèreté avant la guerre et la montée du nazisme. On le ressent dans la série, dans les décors, dans les costumes, dans les ambiances. Ce qui est intéressant dans les séries historiques, c’est de voir les similitudes avec ce qu’on traverse et de se rafraîchir la mémoire. De voir comment tout peut basculer très rapidement. »

Vous incarnez Giulia Vincent, une gouvernante. Comment avez-vous construit ce personnage, à la fois discret et central dans une intrigue criminelle ?

« Giulia est discrète de par la fonction qu’elle occupe. C’est quelqu’un qui a commencé en tant que femme de chambre dans un palace et qui a travaillé dur pour devenir gouvernante en chef de l’hôtel. Tout ce qu’elle gagne, c’est pour payer le pensionnat à sa fille qu’elle a élevée seule pour qu’elle puisse avoir accès à l’éducation. Mais, on va voir, au fil des épisodes, que cet objectif ne va pas toujours lui faire faire les meilleurs choix. C’est un très beau personnage à incarner, une mère exemplaire et courageuse. Il y a une dualité dans ce personnage : ce que Giulia est dans son métier et cette volonté qu’elle a de se laisser un peu aller. »

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C’est votre troisième expérience en tant qu’actrice, après Capitaine Marleau et Brocéliande. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous tourner vers la comédie après une carrière de 25 ans dans la musique ?

« J’en avais envie depuis longtemps mais la musique, qui a place centrale dans ma vie, me demandait beaucoup de travail. J’enchaînais l’écriture, la création d’albums, les tournées et puis, ça recommençait. J’avais peu de temps pour d’autres projets qui me demandent aussi une certaine préparation. Je ne pouvais pas y aller les mains dans les poches. J’arrivais à un moment de mon parcours où je me sentais à la croisée des chemins. Je me suis dit : « C’est maintenant ou jamais ! » C’est comme dans la vie privée, on fait le point sur ce qu’on a fait et ce qu’on aimerait faire, les rêves qu’on veut réaliser et on met tout en œuvre pour y arriver. »

Est-ce que votre métier de chanteuse nourrit celui d’actrice et inversement ?

« Je pense, oui. Il y a une véritable correspondance entre le métier de chanteuse et le métier d’actrice parce que, dans les deux cas, on est connecté à nos émotions et on les transmet. Lorsqu’on écrit et on chante des chansons, on raconte aussi des histoires. Puis, pour être un bon comédien, il faut avoir une bonne oreille et ça, ma carrière dans la musique me le permet. »

Votre dernier album, La Cavale, date de 2021. À quand un retour dans la musique ?

« Bientôt, bientôt… En fait, ça fait quelque temps que je dis « bientôt » et finalement, à chaque fois, il y a de nouveaux projets dans la comédie qui voient le jour, on m’envoie de nouveaux scénarios et on me fait des propositions que je n’ai pas envie de décliner. On me propose à chaque fois des personnages qui me bottent et ça me donne envie d’y retourner. Du coup, je décale systématiquement mon retour à la musique. Mais, la musique me manque et j’ai envie de retrouver le public qui me suit depuis 25 ans. Il me tarde de revenir avec un nouveau projet. Si ce n’est pas avant, ce sera pour 2027, quoi qu’il arrive. »

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Avez-vous déjà pensé tout arrêter pour vous consacrer à la comédie ?

« Non, parce que j’ai besoin de chanter. Ça fait partie de ma vie depuis toujours. C’est mon premier moyen d’expression et de communication. Ce serait trop dommage de lâcher l’un pour l’autre. Il y en a beaucoup, avant moi, qui ont réussi à faire les deux donc je peux y arriver aussi. Ce sont deux métiers complémentaires qui se nourrissent l’un l’autre. J’espère avoir la chance de me frotter à d’autres rôles qui me feront vibrer comme ceux que j’ai pu avoir jusqu’ici. »

Y a-t-il un rôle qui vous fait rêver ?

« Souvent, on pense à moi pour jouer dans des rôles romanesques mais moins pour jouer dans des comédies alors que ça me brancherait bien d’aller sur ce terrain-là. Ce ne serait pas un contre-emploi parce que je suis comme ça dans la vie. Ça pourrait être une façon pour moi de continuer à apprendre. C’est ce qui m’anime. »

Ces dernières années, on vous a vue dans plusieurs télécrochets, notamment dans The Voice Kids sur TF1 où vous aviez le rôle de coach. Quel regard portez-vous sur le tremplin que peuvent être ces émissions dans une carrière ?

« Le regard que je porte est forcément positif parce que j’ai été connue grâce à la Star Academy et 25 ans plus tard, j’ai toujours la chance de faire ce métier et d’être épanouie dans ce que je fais. Ça m’a donné ma chance. À l’époque, je ne connaissais personne à Paris, je n’avais pas de piston, je n’étais pas dans le milieu. Cette émission a vraiment joué le rôle qu’elle devait jouer pour moi, c’est-à-dire un tremplin, un révélateur, un accélérateur. »

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Que pensez-vous du retour de la Star Academy 20 ans après son arrêt ?

« Ça me réjouit. Plus que jamais, il y a des jeunes gens qui font de la musique, des artistes merveilleux qui ont des choses à raconter. Le public est toujours aussi friand de ces destins et de faire la connaissance de nouveaux artistes. Le lien se crée petit à petit et puis, on suit leurs parcours respectifs. »