Pour rappel, avec le retrait des EAU, l’Opep ne compte plus que 11 pays membres : l’Algérie, la République du Congo, la Guinée équatoriale, le Gabon, l’Iran, l’Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, l’Arabie saoudite et le Venezuela. Fondée en 1960, l’organisation vise à coordonner les politiques pétrolières de ses membres afin de garantir des prix équitables et stables aux producteurs de pétrole. Toutefois, ce n’est pas la première fois qu’un pays quitte l’organisation : le Qatar s’était retiré en 2019 pour se concentrer sur sa propre production de gaz.

Top 20 des producteurs de pétroleTop 20 des producteurs de pétroleTop 20 des producteurs de pétrole ©IPM GraphicsDe bons échanges avec les Saoudiens ?

Selon Alexey Belogoryev, un expert interrogé par l’agence de presse russe TASS, proche du Kremlin, l’accord Opep + restera en vigueur grâce au partenariat saoudo-russe. « Cette situation prolonge la crise de l’Opep + et porte un coup dur à sa stabilité. Mais l’Opep + repose avant tout sur le partenariat tacite entre l’Arabie saoudite et la Russie. Tant que leurs positions resteront plus ou moins alignées, l’accord continuera de fonctionner », a-t-il expliqué. Même son de cloche pour le porte-parole du Kremlin qui affirme que l’Opep + reste une organisation importante, notamment dans le contexte énergétique actuel.

Les Émirats arabes unis annoncent leur retrait de l’Opep : « Ils sont totalement coincés »

Des déclarations qui interviennent alors que de nombreux experts estiment que l’organisation perd de l’influence depuis plusieurs années. Le départ des Émirats arabes unis est ainsi perçu comme un nouveau signe de fragilité de l’organisation. En effet, l’Opep fournit tout de même plus d’un quart de la production mondiale de pétrole, et le retrait des Émirats réduit ce chiffre de 20 %.

Mais selon le ministre russe des Finances Anton Silouanov, ce départ va inévitablement entraîner une augmentation de la production des pays producteurs de pétrole, ce qui pourrait faire baisser les prix mondiaux, rapporte Reuters. « Aujourd’hui, nous entendons dire que l’un des pays, les Émirats arabes unis, quitte l’Opep. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que le pays (Émirats arabes unis, NdlR) pourra produire autant de pétrole que ses capacités de production le permettent et l’envoyer sur le marché », a-t-il déclaré.

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« Mais la patience face au manque de discipline de Moscou (…) pourrait bien avoir des limites »

Vers une plus grande exportation de pétrole russe ?

Présente dans l’alliance depuis 2016, la Russie n’a pas toujours été l’élève modèle au sein du groupe. « La Russie a fréquemment produit au-delà de ses objectifs », explique le Center for Strategic and International studies (CSIS). « L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et d’autres membres de l’Opep + ont souvent vanté les mérites de l’Opep + et les avantages de la coopération avec la Russie. Mais la patience face au manque de discipline de Moscou en matière de production pourrait bien avoir des limites », notait le centre en 2023. Toutefois, la Russie n’a pas intérêt à voir la production de pétrole augmenter afin de maintenir des prix élevés sur le pétrole, Moscou profitant notamment de la hausse du prix du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

De plus, le pays est sous pression depuis le début de la guerre en Ukraine. De nombreuses raffineries et infrastructures énergétiques ont été visées par des frappes ukrainiennes, l’Ukraine estimant qu’elles contribuent au financement de l’effort de guerre russe.

Pétrole : réunion de membres de l’OPEP+ dans le contexte de guerre

Pour le ministre russe des Finances, l’heure est donc maintenant à la coopération entre les pays de l’organisation. « Si les pays de l’Opep mènent des politiques non coordonnées (après la sortie des Émirats) et produisent autant de pétrole que leurs capacités le permettent et autant qu’ils le souhaitent, les prix baisseront en conséquence », a déclaré le Kremlin.