La F1 testera à partir du Grand Prix de Miami – sans l’introduire lors des courses floridiennes – un système d’aide pour les pilotes effectuant un mauvais départ et risquant de devenir un obstacle pour les pilotes mieux partis derrière eux. 

L’idée est simple : si le dispositif électronique détecte un démarrage particulièrement lent, le MGU-K – dont l’utilisation est normalement interdite jusqu’à ce que la voiture atteigne 50 km/h – entrera en lice en délivrant un peu de puissance pour aider la voiture à se lancer.

 

Ce système vise à répondre aux inquiétudes sur les départs manqués depuis le début de la saison et les risques qu’ils représentent, avec le cas particulièrement spectaculaire de l’évitement réflexe de Liam Lawson par Franco Colapinto lors de l’extinction des feux au Grand Prix d’Australie.

Les tests démarreront ce week-end à la fin de la seule séance d’essais libres, mais le sprint de samedi et la course de dimanche se dérouleront dans les mêmes conditions que les trois premiers départs de la saison, donc sans éventuelle intervention du MGU-K en cas de très mauvais départ.

Une pénalité initialement prévue en cas de déclenchement
Le départ du Grand Prix du Japon.

Le départ du Grand Prix du Japon.

Photo de: Andrew Caballero-Reynolds / AFP via Getty Images

L’éventualité de la mise en place d’une telle aide à l’avenir n’est pas sans poser quelques questions, notamment concernant l’inévitable possibilité que les écuries soient tentées de trouver un moyen de contourner l’esprit du dispositif en se servant d’un départ faussement manqué pour tirer un avantage du déclenchement du MGU-K.

Le responsable monoplaces de la FIA, Nikolas Tombazis, a d’ailleurs révélé qu’initialement, dans les discussions sur le sujet, la fédération souhaitait accompagner le déclenchement de ce système d’une pénalité de drive-through à respecter dès la fin du premier tour. Une manière de dissuader les écuries de le déclencher volontairement.

Toutefois, les équipes ont convaincu l’instance de ne pas aller aussi loin et qu’une telle sanction n’était pas nécessaire au vu du désavantage d’un mauvais départ. Mais comme Tombazis l’a souligné dans une rencontre avec les médias, dont Motorsport.com, la FIA sera vigilante sur le sujet et n’hésitera pas à agir.

« Tout d’abord, nous avons clairement indiqué que ce mécanisme n’est pas censé inciter les pilotes à, disons, être tentés de [prendre un mauvais départ] volontairement pour bénéficier d’un avantage. Ce mécanisme doit permettre de transformer un départ catastrophique en un simple mauvais départ. »

Si nous constatons que, pour une raison ou une autre, nous sommes passés à côté de quelque chose et que les pilotes commencent à en tirer profit, nous interviendrons.

« Il ne transformera pas un mauvais départ en un bon. Et d’ailleurs, lorsque nous avons abordé cette option pour la première fois avec les équipes, nous avons proposé que si ce dispositif était activé pour une voiture, celle-ci devrait effectuer un drive-through [un passage par les stands sans avoir le droit de s’arrêter] à la fin du premier tour. »
 
« Le sentiment général chez toutes les équipes, concernant le fait de décourager complètement toute manœuvre douteuse, était que lorsqu’elles se trouveraient dans ce scénario, elles auraient déjà perdu le contrôle de la situation et seraient clairement en mauvaise posture. »

« Par conséquent, ce [drive-through] ne serait pas nécessaire, et nous avons accepté ce point de vue. Mais si nous constatons que, pour une raison ou une autre, nous sommes passés à côté de quelque chose et que les pilotes commencent à en tirer profit, nous interviendrons bien sûr. Mais nous ne pensons pas que ce sera le cas. »

« Deux ou trois départs » concernés depuis le début de saison
La grille de départ avant la course du GP d'Australie.

La grille de départ avant la course du GP d’Australie.

Photo de: Peter Fox / Getty Images

La question reste de savoir ce que recouvrent les « départs catastrophiques » où le mécanisme s’activerait. Sur ce plan, Tombazis a expliqué que, sur le début de la saison, le dispositif n’aurait été activé que deux ou trois fois, et notamment pour le cas de Lawson à Melbourne.

« En gros, le système évalue la qualité de l’accélération de la voiture quelques instants après le départ », explique l’ingénieur. « Et si celle-ci est inférieure à un certain seuil, le système se déclenche. »

« Pour vous donner quelques repères, il est certain qu’il serait intervenu cette année à deux ou trois reprises au total. Il serait assurément intervenu lors du départ de Liam Lawson en Australie, cela ne fait aucun doute, mais je pense que le départ de Max Verstappen en Chine se situait en dehors du seuil d’intervention. »

Concernant la procédure de test de Miami et de Montréal, Tombazis de préciser : « Nous allons examiner les départs réels pour voir ce qui se serait passé. Mais il y aura effectivement quelques départs lors des essais libres de ces courses. Nous avons décidé de procéder à quelques tests supplémentaires avant de l’introduire au départ des courses. »

Propos recueillis par Ronald Vording

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