Au cours de l’instruction, plusieurs juridictions ont examiné le dossier. La chambre des mises en accusation de la cour d’appel a confirmé la décision de la chambre du conseil : Paolo Falzone est renvoyé devant la cour d’assises pour sept meurtres (une victime étant décédée ultérieurement) et 81 tentatives de meurtre. Antonino Falzone est, pour sa part, poursuivi pour non-assistance à personne en danger.
Première phase : la culpabilité
Le procès se déroulera en deux phases. La première portera sur la culpabilité. Les jurés devront notamment déterminer si Paolo Falzone avait l’intention de tuer ou s’il a, à tout le moins, accepté le risque de conséquences mortelles de sa conduite. Plusieurs questions seront abordées, parmi lesquelles sa connaissance de la tenue du cortège, l’encadrement de celui-ci, ainsi que les circonstances précises de la collision. Des images partiellement filmées de la scène seront analysées en détail, et les différentes parties pourront débattre des éléments soumis au jury.
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Concernant Antonino Falzone, la défense soutient qu’il se trouvait en état de sidération au moment des faits, ce qui l’aurait empêché de réagir. Des expertises et témoignages, notamment en matière de santé mentale, devraient être examinés à ce sujet.
Lors de cette phase, on entendra les experts judiciaires : le juge d’instruction, les enquêteurs, l’expert automobile, un neuro psychiatre, un psychologue, un toxicologue et trois médecins légistes. On auditionnera ensuite les nombreux témoins des faits, survivants d’une nuit d’horreur.
La seconde phase : la personnalité des accusés
En cas de déclaration de culpabilité, une seconde phase sera consacrée à la détermination de la peine. Les débats porteront alors sur la personnalité des accusés et leur parcours. La cour et les jurés auront alors écouté les proches des accusés.
Selon les éléments du dossier, Paolo Falzone, originaire de La Louvière, a vécu dans la région du Centre avec sa soeur et ses parents. Une enfance heureuse. Il présentait un intérêt marqué pour les voitures et la conduite rapide, qu’il relayait notamment sur les réseaux sociaux avec ce besoin insatiable de montrer « ses exploits », que le droit qualifie d’infractions, à ses abonnés.
Récemment, son avocat a indiqué que Paolo Falzone était devenu papa, estimant que cet élément pouvait éclairer sa personnalité sous un autre angle. « Il m’a semblé utile de montrer que Paolo Falzone peut être autre chose qu’un conducteur un peu fou d’un véhicule. Qu’il peut avoir des responsabilités en qualité de père de famille. » Cette déclaration a suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux, parfois violentes.
Antonino Falzone, décrit comme inséré professionnellement, s’était rapproché de son coaccusé peu avant les faits. Il occupait le siège passager au moment du drame. La question de son état, notamment celle d’un éventuel endormissement, sera également examinée au cours du procès. Son avocat insistera probablement auprès des experts en santé mentale sur l’état de sidération.
Rôle compliqué
Pour les jurés, la tâche s’annonce particulièrement exigeante, tant en raison de la durée des débats que de la gravité des faits examinés. Ajoutons à cela l’émotion qu’apporteront les survivants de ce drame durant plusieurs semaines.
Enfin, la question de l’impartialité des jurés se pose également, dans un contexte où l’ampleur de la médiatisation et des réactions en ligne autour de l’affaire Paolo Falzone nourrit l’impression qu’un verdict s’est déjà dessinée dans l’opinion publique avant l’ouverture du procès.
Les jurés devront adopter un proverbe indien : « Tu ne peux pas juger un homme sans avoir marché deux lunes d’affilée dans ses mocassins ». Ici, on aura un peu plus de lunes…