Italie, Espagne, Danemark : voici les lignes menacées de suppression par Ryanair à l’aéroport de Charleroi l’hiver prochain La riposte immédiate de Wizz Air
La compagnie hongroise n’a pas tardé à réagir, qualifiant ces propos de « totalement faux et mensongers. »
Dans un communiqué, elle insiste sur un bilan solide et une liquidité importante, affirmant être « l’une des compagnies les mieux couvertes du secteur contre les fluctuations rapides des prix du carburant. »
Wizz Air met également en avant une flotte déjà composée à 75 % d’appareils de la famille A320neo, censée lui conférer « un avantage structurel en matière de coûts par rapport à toute autre compagnie européenne. » Et de conclure. « Notre priorité reste exactement là où elle doit être : proposer les tarifs les plus bas, exploiter la flotte d’avions la plus jeune et la plus économe en carburant, et servir des millions de clients. »
Coup de tonnerre dans le ciel belge : Ryanair va réduire d’1 million le nombre de passagers à Bruxelles et Charleroi suite « à la décision de l’Arizona »Charleroi, terrain concret des tensions
Au-delà des déclarations, la situation reste tendue et couverte d’incertitudes, en Belgique. Pour rappel, Ryanair a annoncé en décembre dernier son intention de retirer des avions de sa base de Charleroi pour la saison hivernale, avec une réduction de capacité.
Le chiffre fait toutefois débat. La compagnie évoque une suppression d’environ 1,1 million de sièges tandis que le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, parle de « plus de deux millions de sièges. » Une divergence qui illustre la tension autour du dossier.
Thomas Dermine critique les choix politiques
Pour le bourgmestre carolo, cette décision est « un terrible aveu d’impuissance pour le gouvernement wallon. » Il pointe une incohérence fiscale entre niveaux de pouvoir.
Selon lui, les autorités régionales se sont montrées « intraitables pour annuler une redevance communale fixée à hauteur de trois euros par passager » tout en restant « incapables dans le même temps de faire évoluer le modèle d’une taxe fédérale de dix euros par passager. »
Il dénonce également un « deux poids, deux mesures » et une absence de coordination politique malgré une « symétrie politique entre les gouvernements régional et fédéral. »
Un équilibre fragile pour l’aéroport
La situation laisse Charleroi dans une position délicate. « À Charleroi, clairement, nous n’avons ni le beurre ni l’argent du beurre : l’impact négatif de la taxation du gouvernement fédéral sur l’activité économique et aucune rentrée pour nos finances communales », résume Thomas Dermine.
Rappelons tout de même que la suppression de la taxe communale de 3 € a poussé Ryanair à maintenir l’ensemble des avions présents sur la base de Charleroi pour la saison d’été 2026 qui vient de commencer. En ce qui concerne le retrait de plusieurs avions pour la prochaine saison hivernale, plusieurs acteurs du dossier insistent sur le fait que Ryanair a très souvent, ces dernières années, diminué sa capacité à Charleroi durant l’hiver, en déplaçant trois ou quatre avions.
Alors, coup de comm’, de bluff ou danger économique ? Difficile d’y voir clair avec Michael O’Leary, qui peut changer d’avis chaque jour.