La Haute Autorité de santé (HAS) a rendu, le 24 avril 2026, un nouvel avis sur l’utilisation des vaccins Ixchiq et Vimkunya contre le chikungunya dans l’océan Indien. Elle répond à une saisine de la Direction générale de la santé (DGS) datée du 10 avril 2026, motivée par un nombre important de cas et par le risque d’évolution vers une épidémie.

Une extension à Mayotte

La HAS indique que, face à une circulation active du virus et à un risque d’épidémie à Mayotte, elle étend à ce territoire les recommandations d’utilisation des vaccins déjà définies pour la Guyane dans son avis du 9 avril 2026.

En revanche, elle précise qu’à La Réunion, les données épidémiologiques arrêtées au 17 avril 2026 ne montrent pas de reprise épidémique et qu’une telle reprise est jugée peu probable en raison d’une séroprévalence estimée à 66%.

La HAS ajoute toutefois que si une épidémie devait survenir à La Réunion, les mêmes recommandations pourraient y être appliquées.

Ixchiq ou Vimkunya ?65 ans et plus : Vimkunya est recommandé, avec ou sans comorbidités ; Ixchiq reste suspendu dans cette tranche d’âge en raison de signaux de pharmacovigilance.Adultes avec comorbidités : Vimkunya est recommandé chez les personnes de 12 à 64 ans présentant des comorbidités ; Ixchiq peut être envisagé entre 18 et 64 ans après une évaluation individualisée, mais avec des incertitudes persistantes chez les personnes ayant des pathologies susceptibles d’altérer ou de déréguler la réponse immunitaire.Adultes sans comorbidités : Vimkunya peut être proposé avec prudence ; Ixchiq peut être proposé chez les 18-64 ans après analyse du rapport bénéfices-risques.Personnes immunodéprimées ou immunodéficientes : Vimkunya ne dispose pas de données suffisantes dans cette population ; Ixchiq est contre-indiqué.Femmes enceintes ou allaitantes : Vimkunya n’est pas recommandé en routine, mais peut être envisagé au cas par cas après évaluation bénéfices-risques ; Ixchiq n’est pas recommandé.Autres situations particulières : pour Vimkunya, la durée de protection documentée est limitée à six mois ; pour Ixchiq, aucune recommandation spécifique n’est retenue à ce stade chez les personnes atteintes de drépanocytose.Et les personnes déjà infectées ? 

L’avis précise enfin qu’il n’y a pas d’indication à vacciner les personnes ayant déjà eu un chikungunya confirmé cliniquement ou biologiquement en 2025 ou en 2026.