Certes, l’opposition use des règles à sa disposition. Mais leur répétition interroge : à force de détourner la procédure pour empêcher le vote, c’est la capacité même du Parlement à trancher qui vacille. Une démocratie ne peut fonctionner durablement si la minorité empêche systématiquement la majorité d’agir.

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Mais l’exécutif porte, lui aussi, une part lourde dans ce fiasco. En persistant à faire passer des réformes majeures dans des lois-programmes illisibles, véritables fourre-tout législatifs, il alimente les tensions et fragilise le débat. En refusant surtout d’ouvrir la discussion sur l’indexation des salaires, il commet une faute politique.

Car fait rare, syndicats et patronat s’étaient accordés sur une alternative au « centenindex ». Une base de compromis, imparfaite sans doute, mais réelle. Elle méritait au moins d’être examinée. En opposant une fin de non-recevoir rapide et silencieuse, le gouvernement tourne le dos à la concertation sociale − pourtant au cœur du modèle belge.

Le signal est désastreux. Déjà, les premiers effets se font sentir : l’indice des prix n’a pas été validé en commission en avril, faute d’accord entre partenaires sociaux. Demain, faudra-t-il que le gouvernement fixe seul l’inflation ? Ce serait un basculement lourd de conséquences.

« Vous avez menti et vous persistez dans ce mensonge » : la loi-programme à nouveau renvoyée au Conseil d’État

Au fond, ce double blocage − parlementaire et social − dit la même chose : un pouvoir qui n’écoute plus et une opposition qui empêche. Entre les deux, l’intérêt général se perd.

Il est encore temps de sortir de cette impasse. Cela suppose de rétablir un minimum de respect des règles parlementaires – ce que Peter De Roover, président de la Chambre, a reconnu comme étant « une bonne suggestion » -, mais surtout de renouer avec le dialogue social. À défaut, les scènes de désordre observées cette semaine risquent de devenir la norme. Inacceptable.

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