En France, des millions de femmes et d’adolescentes vivent chaque mois avec des crampes abdominales, des céphalées ou une fatigue intense liées à leur cycle. Une réalité qui touche 9 femmes sur 10.
Parmi elles, 40 % vont présenter une dysménorrhée modérée à sévère avec une douleur comprise entre 4 et 10, rapporte l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans son dossier intitulé « C’est normal d’avoir mal pendant ses règles, vraiment ? » (2023). Des pourcentages significatifs qui font état de douleurs bien réelles.
Libération de la parole
Pourtant, entre l’autocensure intériorisée et la lente évolution de la reconnaissance médicale de la douleur menstruelle, les dysménorrhées ont longtemps été perçues comme normales et, à ce titre, rarement prises en charge.
D’ailleurs, « nombre de femmes choisissent de ne pas consulter, craignant qu’il ne s’agisse pas d’un problème de santé considéré “légitime” et redoutant de ne pas être prises au sérieux », relève l’Inserm. Heureusement, les choses commencent à changer. « La parole se libère, notamment sur les réseaux sociaux où les jeunes générations évoquent les règles sans tabou. L’impulsion est également politique ; dans certains pays (Espagne, Japon, Corée du Sud, entre autres), la santé menstruelle au travail est désormais reconnue, ce qui permet aux femmes souffrant de règles douloureuses et invalidantes de s’absenter », indique Jocelyn Petit, chef de groupe phytothérapie chez Arkopharma.
L’essor des solutions naturelles
La « santé de la femme » surfe sur une croissance sereine (+ 4,1 %, en valeur, selon les données de la société d’études de marché OpenHealth Company) et se sous-segmente pour répondre à des besoins spécifiques. Le secteur des règles douloureuses (qui pèse 2,5 millions d’euros) enregistre une nette progression : + 8,2 %, en valeur, selon OpenHealth Company (fin décembre 2025).
Et plusieurs laboratoires de santé naturelle rejoignent, actuellement, ce marché qui se consolide à la faveur de nombreux lancements de produits. L’offre inclut des compléments alimentaires, des gels topiques et des dispositifs chauffants, tous estampillés « règles douloureuses », un marquage qui facilite leur vente en officine. Leur point commun ? « La naturalité qui répond à la demande croissante de nombreuses femmes », souligne Monika Wroblewska, responsable de l’innovation chez PiLeJe. Des solutions alternatives aux traditionnels antispasmodiques et anti-inflammatoires.
La course contre la douleur
La plupart des acteurs mettent en avant des études de satisfaction qui rapportent l’efficacité des solutions proposées. Une efficacité directement relayée sur les packagings des produits pour toucher les consommatrices. « Effets perçus en moins d’une heure pour 93 % des utilisatrices », peut-on lire sur la face avant du pack Règles Douloureuses de Naturactive. « Effet perçu dès 1 heure » pour Arkofemina Règles Douloureuses ou encore « Effet ressenti dès 35 minutes en moyenne pour 78 % des femmes » pour Feminabiane Règles Douloureuses.
Autant de messages visibles qui attestent d’une rapidité d’action, et facilitent le conseil du pharmacien.
L’achillée millefeuille, l’actif phare
Côté compléments alimentaires, les formules complètes à base de plantes s’attaquent à tous les symptômes (crampes abdominales, problèmes gastro-intestinaux, fatigue, maux de tête) et visent une cible large (à partir de 12 ans). Les deux actifs clés de ces compositions : l’achillée millefeuille, aux propriétés antispasmodiques, et le gingembre, à l’action anti-inflammatoire.
Plus récemment, le complément alimentaire Règles Douloureuses d’Arkopharma (sous la nouvelle gamme Arkofemina) s’ajoute aux Arkogélules Achillée bio, lancées un an plus tôt (2024), qui figurent parmi les références du segment, selon OpenHealth Company. De même, Pranarôm Aromalgic Règles Douloureuses (qui associe plantes, huiles essentielles et minéraux), PiLeJe Feminabiane Règles Douloureuses, ou encore Endomelia Confort menstruel (Ineldea Santé Naturelle) contribuent à la croissance du rayon.
Citons également, entre autres nouveautés, le spray sublingual Règles Douloureuses, à l’effet flash, du laboratoire Les Bienfaits (élu meilleur produit Pharma 2026) et le complément alimentaire Manhaé Confort Menstruel qui complète la gamme Manhaé (Havea Group).
Chaud devant : patchs et gels montent en puissance
Leader et précurseur du secteur, le produit Naturactive Règles Douloureuses (bio) se complète, en avril 2026, d’un patch autochauffant ergonomique (action chauffante durant 12 heures). « Ce patch agit de manière locale grâce à la thermothérapie : la chaleur dilate les vaisseaux sanguins et stimule les récepteurs sensoriels avec, à la clé, un effet antalgique », explique Romane Virc, chef de produits au sein des laboratoires Pierre Fabre.
Quasi inexistante il y a encore peu, cette offre se développe ; citons également le lancement récent des patchs adhésifs Dysmecalm (3C Pharma), qui comportent quatre zones de chauffe. Les gels complètent la donne, tel le gel apaisant bio Cycle Menstruel Aromalgic de Pranarôm, synergie riche d’huiles essentielles et végétales. « Cette galénique, à appliquer sur le ventre, est conçue pour apporter un soulagement rapide aux femmes qui souffrent de crampes abdominales, ainsi qu’aux jeunes filles dès l’âge de 10 ans », explique Virginie Scotte, responsable de la formation chez Inula.
Porté par l’innovation et l’évolution des mentalités, ce segment en pleine effervescence devrait poursuivre son ancrage durable en officine.