Auditionnée le 29 avril à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une commission d’enquête sur les violences sexuelles incestueuses, Coline Berry a livré un témoignage détaillé, réitérant les accusations visant son père, l’acteur Richard Berry.
Face aux parlementaires, elle a évoqué « des viols répétés, presque chaque week-end », décrivant des faits qui remonteraient à son enfance. « Je garde encore aujourd’hui le souvenir de l’odeur, des sensations, des images », a-t-elle déclaré, évoquant « des traces qui restent et qui ne s’effacent pas ».
La comédienne a également décrit un environnement familial marqué par le silence et l’emprise. « Dans ma famille, ou dans ce que je préfère appeler le clan, le silence (…) était la règle », a-t-elle expliqué, ajoutant : « On ne parlait pas, on ne dénonçait pas la figure paternelle ».
Revenant sur son enfance, elle affirme avoir tenté d’alerter dès l’âge de trois ans : « Je n’avais pas les mots, alors j’ai parlé avec mon corps », en reproduisant sur sa mère des gestes qu’elle dit avoir subis. Selon son récit, cette tentative n’a pas permis de faire cesser les faits.
L’enquête classée sans suite
Coline Berry a également décrit les mécanismes de protection qu’elle dit avoir développés. « J’avais tissé une toile autour de mon lit pour éviter qu’il s’approche la nuit », a-t-elle expliqué. Elle évoque aussi avoir cessé de s’alimenter durant certaines périodes : « À 10 ans, j’ai cessé de manger (…) pour que ça s’arrête ».
Ces accusations avaient déjà fait l’objet d’une plainte en 2021 pour viols et agressions sexuelles. L’enquête a été classée sans suite en 2022 en raison de la prescription des faits. Richard Berry conteste ces accusations.
Au-delà de son cas personnel, Coline Berry a interpellé les députés sur les évolutions nécessaires du cadre judiciaire. « Je vous demande des actes, des lois, des changements dans les procédures », a-t-elle déclaré, plaidant notamment pour une meilleure prise en compte de la parole des victimes et pour l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs.
Cette audition s’inscrit dans les travaux de la commission parlementaire, chargée d’évaluer la réponse judiciaire face aux violences incestueuses et de formuler des propositions.