Toutes ces questions cruciales restaient évidemment largement sans réponses ce jeudi soir, quelques heures après l’annonce d’une communication entre Engie et l’État belge qui pourrait amener notre pays à reprendre en main son destin énergétique.
« Les parties expriment leur intention que la transaction envisagée n’ait pas d’impact indu, ni négatif, ni positif sur la situation financière globale d’Engie et d’Electrabel. »
« Cette reprise ne constituera pas nécessairement une charge pour l’État. Il s’agit d’un investissement qui rapporte », a affirmé jeudi à la Chambre le Premier ministre Bart De Wever dans des propos relayés par l’agence Belga. Un Premier ministre que l’on sent, à ce stade, très prudent sur le sujet. « Les parties expriment leur intention que la transaction envisagée n’ait pas d’impact indu, ni négatif, ni positif sur la situation financière globale d’Engie et d’Electrabel », soulignait ce jeudi matin un communiqué commun d’Engie et du gouvernement belge. Une petite phrase qui sera certainement pas mal décortiquée dans les jours à venir.
En attendant d’y voir plus clair, les actionnaires d’Engie voient visiblement d’un très bon œil ce deal à venir : l’action du groupe français a en effet progressé de 4,93 % à 28,07 euros ce jeudi à la clôture à la Bourse de Paris. Le marché apprécie visiblement la perspective de voir le groupe français tourner la page du nucléaire belge. Le nucléaire ne fait, il est vrai, plus partie des priorités stratégiques d’Engie, dont les priorités énergétiques sont ailleurs. « Développer des centrales nucléaires ne fait pas partie de notre stratégie « , avait répété en décembre dernier le patron d’Engie Belgique, Vincent Verbeke lors d’une rencontre de presse.
L’un des grands enjeux financiers portera sur la question du transfert de la charge du coût du démantèlement nucléaire et de la gestion des déchets. Comme le rappelait l’agence Belga, sous la législature précédente, le gouvernement De Croo avait conclu l’accord « Phoenix » avec Engie qui prévoit un plafonnement de la charge pour l’opérateur électrique. Mais en attendant, quelque 25 milliards d’euros sont consignés dans les fonds Hedera et Synatom.
Interrogé en marge de la séance du jour à la Chambre, le ministre de l’Énergie Mathieu Bihet a expliqué que le transfert de l’obligation entraîne celui des fonds et de l’argent qui y est déposé.