La N-VA a également claqué la porte au nez du président des socialistes flamands, mais a embrayé avec sa propre idée pour renflouer les caisses de l’Etat belge. Pour les nationalistes flamands, c’est du côté des mutuelles qu’il faudrait creuser. La présidente du parti, Valerie Van Peel, a ainsi suggéré de réduire les augmentations des allocations de soins de santé et d’enlever aux mutuelles le contrôle des malades de longue durée. Les socialistes flamands ont ajouté leur grain de sel en proposant la mise en place d’un « registre du patrimoine », pour mettre un terme aux abus concernant les allocations de soins de santé. Selon Conner Rousseau, il faut agir face à ces « personnes en Porsche » qui bénéficient de tels avantages. Mais la N-VA n’a que peu apprécié les nouvelles suggestions du socialiste flamand. Mme Van Peel a mis en garde face à « un véritable cauchemar bureaucratique et un contrôle systématique des biens de tous les Belges ».

Rappelons tout de même que tout ce petit monde va devoir se mettre d’accord d’ici à l’été pour dégager 4 à 5 milliards d’euros supplémentaires si la Belgique veut se plier aux nouvelles règles européennes exigeant une réduction du déficit structurel (visant 1,5% du PIB) et de la dette publique. Ça promet…

Vooruit's Conner Rousseau pictured during a plenary session of the Flemish Parliament in Brussels, Wednesday 22 October 2025. BELGA PHOTO DIRK WAEMVooruit's Conner Rousseau pictured during a plenary session of the Flemish Parliament in Brussels, Wednesday 22 October 2025. BELGA PHOTO DIRK WAEMLe président de Vooruit, Conner Rousseau. ©Belgaimage2) Un fiasco à la Chambre qui inquiète

Jamais deux, sans trois. Le dicton s’est confirmé, ce mercredi 29 avril, à la Chambre avec le nouveau report de l’examen de la loi-programme. La séance a été mouvementée. L’opposition a dû se triturer les méninges pour réussir à bloquer une nouvelle fois les discussions et renvoyer au Conseil d’État le grand projet de loi. Et la solution qu’elle a trouvée (détaillée dans les colonnes de La Libre) n’a pas plu à la majorité, qui l’a fait savoir. « Il est meilleur à la buvette », a notamment lancé Georges-Louis Bouchez, remonté face à un député socialiste.

« Un spectacle indigne », a fustigé notre rédacteur en chef adjoint, François Mathieu. Il n’avait d’ailleurs pas de mots assez forts pour dénoncer les agissements des députés. « Ce qui s’est joué ce mercredi à la Chambre dépasse le simple incident parlementaire. C’est un symptôme. Un révélateur inquiétant de l’état du débat démocratique et du fonctionnement des institutions en Belgique. » Et sa colère se portait tant sur le comportement de l’opposition que sur celui de la majorité. Parce que, certes le jeu de blocage pose un problème majeur, mais la façon dont l’Arizona a balayé d’un revers de la main sans s’y attarder la proposition faite par les syndicats et le patronat sur l’indexation des salaires est tout aussi contestable. « Le signal est désastreux », a mis en garde notre journaliste. Du côté de nos collègues du Soir, ce sont les absences dans les rangs de l’Arizona qui ont été pointées du doigt. « Au sein de la majorité, le nombre de députés présents était insuffisant pour contrer les manœuvres d’une opposition hostile aux mesures budgétaires de l’Arizona. Des absences, surtout dans les rangs du MR, incompréhensibles alors qu’il s’agissait de voter un texte compliqué en cette période, mais qui constitue le fruit d’un compromis politique au sein de la majorité fédérale. » La prochaine fois sera-t-elle donc la bonne pour la loi-programme ? Si pas, il faudra trouver un nouveau dicton. « Jamais trois, sans quatre » ? Pas très joli, quand même…

General view of a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Wednesday 29 April 2026. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNEGeneral view of a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Wednesday 29 April 2026. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNELa Chambre des représentants a été le théâtre d’un spectacle « indigne », ce 29 avril. ©Belgaimage3) La surprise du chef De Wever et du ministre Bihet

Êtes-vous bien assis ? Vous êtes sûrs ? Ok, alors on peut poursuivre. Parce qu’attention, on va parler d’une « nouvelle à tomber de sa chaise ». Ces mots ne sont pas les nôtres mais ceux d’une source de notre journaliste Antonin Marsac. Et il faut dire qu’ils résument assez bien l’annonce d’Engie et de l’État belge, ce jeudi 30 avril. Une lettre d’intention a été signée ouvrant des négociations exclusives sur une reprise potentielle de l’ensemble des activités nucléaires de l’énergéticien en Belgique. Avec pour conséquence immédiate, l’arrêt des travaux de démantèlement et de déclassement en cours. La stupeur, suscitée par le communiqué envoyé par le ministre de l’Énergie Mathieu Bihet, vient surtout du fait que rien n’avait fuité. Les discussions ont été menées dans le plus grand secret. Et il semblerait que Bart De Wever y ait joué un rôle central. « Ce gouvernement fait le choix d’une énergie sûre, abordable et durable, avec moins de dépendance aux importations fossiles et plus de contrôle sur notre propre approvisionnement », s’est d’ailleurs félicité le Premier ministre, dans la foulée de l’annonce. Les autres partis de l’Arizona lui ont emboîté le pas pour saluer cette « bonne nouvelle ».

Mais une partie de l’opposition ne partageait pas l’enthousiasme du nationaliste flamand et de ses partenaires de majorité. Ecolo, en tête. « Peut-on sérieusement répondre à une crise immédiate avec des décisions qui prendront des années ? Peut-on engager des milliards d’euros publics sans cap clair ? », se sont interrogés les coprésidents des Verts, Marie-Colline Leroy et Gilles Vanden Burre. « La Belgique mérite mieux qu’un pari risqué avec l’argent des citoyens. Elle mérite une direction claire. » Leurs collègues du nord du pays ont été plus loin encore, taxant l’exécutif fédéral d' »irresponsable ». L’ancien président de Groen a probablement lancé l’attaque qui a dû faire le plus mal à Bart De Wever : « La N-VA est officiellement devenue un parti d’Etat. Et Vooruit et le CD & V courent derrière. Communistes« , a-t-il écrit sur X en réaction à l’annonce du potentiel rachat. J’avoue que voir le nationaliste flamand être traité de communiste, on ne l’avait pas vu venir non plus…