«Le déploiement de troupes américaines en Europe sert également les intérêts des Etats-Unis dans le cadre de leur action à l’échelle mondiale », a affirmé ce jeudi une porte-parole de l’Union européenne, Anitta Hipper. Elle répondait aux déclarations de Donald Trump, qui envisage une réduction des forces armées en Allemagne.
« Une décision sera prise très prochainement », concernant cette réduction, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, dans la foulée de premiers propos vindicatifs contre le chancelier allemand à propos de la guerre en Iran. Friedrich Merz avait suscité la colère du dirigeant américain lundi, en jugeant que « les Américains [n’avaient] visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
L’Allemagne abrite quelque 35.000 soldats américains
Jeudi, le chancelier allemand n’a pas directement répondu aux menaces de retrait militaire du dirigeant américain, mais a appelé à un « partenariat transatlantique fiable » au sein de l’Otan. Au cours d’un déplacement pour observer des manœuvres de l’armée de terre allemande à Munster, le chancelier a aussi jugé que l’armée allemande apportait sa pierre à l’édifice d’une « Otan forte et unie », notamment sur « des sites stratégiques en Allemagne aux côtés des Etats-Unis ».
L’Allemagne abrite quelque 35.000 soldats américains, et la base militaire de Ramstein est d’une grande importance pour les déploiements américains au Moyen-Orient.
Les Etats-Unis stockent aussi des armes nucléaires à Büchel. A Stuttgart, on trouve le commandement américain pour l’Europe et l’Afrique, tandis que Grafenwöhr en Bavière accueille un vaste terrain d’entraînement, et Landstuhl abrite un vaste centre hospitalier de l’armée américaine.
« Nous sommes préparés » à une réduction des troupes américaines, affirme le gouvernement
Si la présence américaine a été considérablement réduite depuis la fin de la guerre froide, elle reste un pilier de la politique de sécurité de l’Allemagne, en particulier dans le contexte de la menace russe croissante, selon Berlin, depuis l’invasion de l’Ukraine. Elle représente aussi des milliers d’emplois et de contrats pour une économie allemande en panne.
Mais l’éventualité d’une réduction des troupes américaines sur le sol allemand ne semble pas émouvoir plus que cela les dirigeants allemands. « Nous y sommes préparés, nous en parlons de manière étroite et en toute confiance dans toutes les instances de l’Otan, et nous attendons des décisions américaines à ce sujet », et ce avec « sérénité », a commenté le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, jeudi lors d’un déplacement au Maroc.
Lors de son premier mandat, en 2020, Donald Trump avait déjà menacé de ramener le nombre de militaires à 25.000, jugeant les dépenses militaires de l’Allemagne trop faibles.