Et cette année ? Difficile de toucher davantage le prestigieux passé économique de la Wallonie : les militants et les élus libéraux se sont rassemblés sur l’ancien site minier de Blegny, au nord de Liège. Si les premières traces d’exploitation de la houille remontent au XVe siècle, c’est en 1970 que la mine, dont certaines galeries plongent jusqu’à 500 mètres sous la terre, a atteint son apogée avec 700 travailleurs. Le charbonnage a toutefois cessé ses activités en 1980 et le site, devenu une attraction touristique, a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
Autre symbole fort : la commune de Blegny, après 47 ans de règne socialiste, a un bourgmestre MR – Jérôme Cochart – depuis 2024. Message subliminal adressé aux centaines de militants et de mandataires venus fêter le travail : la domination du PS n’est jamais une fatalité électorale.
Car la stratégie qui a permis à Georges-Louis Bouchez et à ses troupes de remporter une victoire historique aux derniers scrutins reste en vigueur : occuper le terrain dans les régions marquées par la gauche, imposer la présence libérale là où elle est moins évidente. Le MR est le vrai parti du travail et des travailleurs, et non le PS, souhaite faire comprendre le président libéral. Cette ligne doctrinale a un nom : la « droite populaire ».
« Petit-fils de mineur »
D’ailleurs, dès les premiers mots de son discours au pied des anciens charbonnages, « GLB » n’a laissé aucun doute : ses adversaires sont les socialistes. « Certains se sont offusqués de notre présence, en ce 1er mai, sur le site de Blegny. Son histoire ne serait pas la nôtre. J’ai même vu une députée socialiste, presque la larme à l’œil, expliquer que son grand-père était mineur. Mais Christie (Morreale), moi aussi, je suis le petit-fils d’un mineur ! » Il y a une semaine, l’ancienne ministre wallonne PS avait dénoncé « l’indécence morale » des libéraux dans leur choix du site de Blegny-Mine, « symbole de la lutte ouvrière ».
Ajoutant une couche de critique, le socialiste Ahmed Laaouej, ministre bruxellois, s’en est pris ce vendredi à « la parade politique » du MR sur le site minier où son père a travaillé durant 20 ans.
Depuis l’estrade, Georges-Louis Bouchez a assuré que le MR jouissait de toute sa légitimité dans ce genre de lieux de mémoire sociale. « Venir d’un milieu populaire n’oblige pas à la lutte des classes. Au contraire, venir d’un milieu populaire, c’est avoir les valeurs du travail et de la responsabilité, ne pas se plaindre, lutter contre l’assistanat. À Blegny, les libéraux sont plus que jamais à leur place. »
guillement
« Venir d’un milieu populaire n’oblige pas à la lutte des classes. Au contraire, venir d’un milieu populaire, c’est avoir les valeurs du travail et de la responsabilité, ne pas se plaindre, lutter contre l’assistanat »
Un « Big Deal » de la croissance
Défendant le bilan du MR dans les différents gouvernements, le patron des libéraux a prôné le retour à l’expansion économique, promettant un « Big Deal » de la croissance que ses ministres défendront auprès de leurs collègues. Sans ce retour à la prospérité, il sera notamment impossible de payer l’augmentation du coût des pensions, a assuré « GLB ».
Fidèle à la ligne libérale classique, Georges-Louis Bouchez a également réclamé des économies dans les dépenses publiques : « Moins d’État pour plus de pouvoir d’achat ! J’entends déjà la gauche qui va dire que l’on va être moins bien soigné, qu’il y aura moins de policiers, que les services publics seront moins accessibles. Mais ce n’est pas ça, le ‘moins d’État’ que prône le MR : c’est lutter contre les abus en matière sociale, contre les faux malades… Le PS dit qu’il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres. Je suis d’accord : il faut prendre à l’État et donner l’argent aux travailleurs et travailleuses. »
« Le PS dit qu’il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres. Je suis d’accord : il faut prendre à l’État et donner l’argent aux travailleurs et travailleuses. »
Magnette ciblé
Enfin, le président du MR a envoyé une flèche vers Paul Magnette, le président du PS, qui fêtait le 1er mai au même moment à Charleroi, en raillant les propos enthousiastes de ce dernier à l’égard de l’action du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez. « Il va falloir l’appeler Pablo de Charleroi tant il est fan de l’Espagne. L’Espagne, ce pays où le salaire minimum est deux fois plus faible qu’en Belgique, ce pays où la corruption est partout dans le gouvernement. Cela doit rappeler des souvenirs à certains… » A trois ans des élections, le 1er mai libéral avait déjà le ton d’un meeting de campagne.