Dans ce texte, Washington affirme que l’ex-dirigeant cherche à « déstabiliser le gouvernement de RDC en soutenant le M23 et l’AFC » (Alliance Fleuve Congo), son bras politique.
« Grâce au soutien financier et politique de M. Kabila, ces groupes sont les principaux vecteurs de violence et d’instabilité dans la région », dénonce le porte-parole du département d’Etat Thomas Pigott dans un communiqué séparé, qui a aussi été diffusé en français.
Fin septembre, la justice congolaise a condamné M. Kabila par contumace à la peine de mort pour « complicité » avec le M23, qui veut renverser le président Félix Tshisekedi et est soutenu par le Rwanda.
À peine condamné à mort, Kabila devient chef de l’opposition politique congolaise
Quelques semaines plus tard, Kigali et Kinshasa ont signé à Washington un fragile accord de paix sous l’égide du président Donald Trump.
Cet accord comporte une contrepartie économique visant à assurer à l’industrie de pointe américaine un approvisionnement en minerais stratégiques dont les sous-sols congolais regorgent.
Fils de Laurent-Désiré Kabila, rebelle ayant fait tomber le dictateur Mobutu Sese Seko, Joseph Kabila a hérité du pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père.
En 2019, après deux mandats, il a quitté le pouvoir en laissant la place à Félix Tshisekedi.
« Félix Tshisekedi doit rester 52 ans au pouvoir »
Expert dans l’art de manier le secret, il est resté très discret ces dernières années sur ses nouveaux lieux d’attache, faisant quelques apparitions notamment en Afrique du Sud et en Namibie.
L’an dernier, il a fait une apparition surprise à Goma, fief du M23 dans l’est de la RDC, après que le groupe armé et ses alliés se sont emparés de vastes pans de territoires le long de la frontière rwandaise face à une armée congolaise dépassée.
Il a été qualifié de « sujet rwandais » par le pouvoir en place à Kinshasa.
Les sanctions américaines impliquent un gel des avoirs éventuellement détenus par M. Kabila aux Etats-Unis et interdisent aux entreprises et citoyens américains de commercer avec lui.
Les Etats-Unis ont également pris récemment des sanctions contre l’armée rwandaise pour sa proximité avec le M23, provoquant la colère de Kigali.