Adapté du roman de David Clerson, le film suit Suzanne Lampron (Marie-France Marcotte), une mycologue de formation qui vit seule en forêt, dans une maison rustique.

À l’occasion, elle reçoit des lettres de son fils Mathieu (Francis LaHaye), qu’elle n’a pas vu depuis des années.

Un jour, à sa grande surprise, il se présente sur le pas de sa porte. Suzanne choisit alors de l’accueillir et de prendre soin de lui.

Le film s’éloigne rapidement du récit traditionnel d’une relation mère-fils conflictuelle.

L’œuvre se révèle davantage méditative qu’explicative.

Suzanne n’incarne pas la mère surprotectrice cherchant à élucider à tout prix le passé de son fils.

Elle demeure simplement présente à ses côtés, tentant d’apaiser ce qui semble le tourmenter, notamment à travers les vertus apaisantes de la nature.

La chimie entre Marie-France Marcotte et Francis LaHaye est remarquable, malgré la rareté des échanges verbaux. Tout repose ici sur le non-dit.

Leur relation s’articule avant tout autour d’une fascination partagée pour la nature.

Une fascination qu’ils parviennent à transmettre au spectateur.

À leurs côtés, on observe, on contemple, on s’imprègne des beautés discrètes de la tourbière. C’est très contemplatif.

Francis LaHaye et Marie-France Marcotte dans <em>Mon fils ne revint que sept jours</em>.

L’une des grandes réussites de Yan Giroux réside justement dans sa capacité à capter cette richesse naturelle avec un esthétisme soigné.

Sa mise en scène privilégie les plans-séquences, donnant l’impression de suivre les personnages au plus près, au cœur même de la forêt.

Le film n’est pas une œuvre verbeuse ni portée sur la confrontation, mais plutôt une réflexion sur notre rapport au monde qui nous entoure.

Ici, la nature s’impose comme le véritable personnage principal.

C’est aussi une histoire qu’il ne faut pas aborder au premier degré, au risque d’avoir l’impression qu’il ne s’y passe rien.

Il faut plutôt s’attarder aux nuances du récit, notamment celles entourant le personnage de Mathieu.

Tout au long du film, les questions persistent: pourquoi est-il revenu auprès de sa mère? Quelle est la nature des troubles qui l’habitent? Et, plus troublant encore, est-il réellement présent?

On sent d’ailleurs une influence de David Lynch dans le travail de Yan Giroux.

Le réalisateur cherche à prolonger la réflexion bien au-delà du visionnement. Même une fois les lumières rallumées, les interrogations demeurent, car le réalisateur ne nous donnera pas toutes les réponses.

C’est le type d’œuvre qui gagne à être revu afin d’en saisir toutes les subtilités.

Une scène de <em>Mon fils ne revint que sept jours</em>.

Ce qui explique pourquoi Yan Giroux propose un film au rythme très lent, parfois un peu trop étiré par moments. Il faut nous laisser le temps de bien lire l’histoire entre les lignes.

Mon fils ne revint que sept jours est une œuvre d’une grande poésie, un véritable hommage à la nature et à la place de l’être humain en son sein.

Cette beauté sauvage agit comme un miroir. Elle révèle une humanité à la fois chaotique et profondément magnifique.

Mon fils ne revint que sept jours est présenté au cinéma.

Au génériqueCote: 7/10Titre: Mon fils ne revint que sept joursGenre: DrameRéalisation: Yan GirouxDistribution: Marie-France Marcotte, Francis LaHayeDurée: 1 h 20