Situation critique pour la prison de Nivelles : jusqu’à 294 détenus alors que la capacité est de 148
Une base juridique est désormais prévue pour la réalisation de tests de dépistage de drogues, pour lesquels un budget de 100.000 euros a été débloqué. Ces tests sont effectués par des agents pénitentiaires de manière ciblée sur la base d’indices individuels, ou de manière aléatoire afin de « créer un effet dissuasif ». Ils sont réalisés à partir d’échantillons de salive ou d’urine.
En cas de test positif, le détenu est orienté vers les services médicaux et psychosociaux pour recevoir les soins urgents nécessaires et suivre un programme de traitement. Il fera l’objet d’un nouveau test ultérieurement. Une sanction peut également être infligée dans certains cas, pour fraude ou refus par exemple.
La ministre souhaite étendre la portée de la mesure aux maisons de transition, où les détenus purgent la dernière phase de leur peine. « Bien que ces établissements ne soient pas des prisons, la pratique montre que la consommation de drogues y est également présente. En outre, les contrôles y sont plus difficiles en raison de l’absence de dispositions légales concernant les fouilles personnelles et dans les chambres, ainsi que du caractère ouvert du régime », ajoute la ministre.
« Un réel fléau en prison »
Du côté des agents pénitentiaires, cette mesure est vue d’un bon œil, « la drogue étant un réel fléau en prison », selon un agent pénitentiaire de la prison de Haren. « Des formations doivent toutefois encore être dispensées pour apprendre à utiliser ce nouvel outil. Cela dit, vu la situation préoccupante dans laquelle se trouvent les prisons, la priorité devrait surtout être mise sur le recrutement en urgence d’agents pénitentiaires pour encadrer et répondre au mieux aux besoins des détenus », ajoute-t-il.
Dans ce contexte, les syndicats appellent à une grève dans toutes les prisons belges le 11 mai, pour protester contre la surpopulation, la charge de travail élevée et l’agressivité croissante. Ils estiment que les problèmes structurels doivent être traités de toute urgence et interpellent le gouvernement : « Quand assumera-t-il enfin ses responsabilités et interviendra-t-il pour résoudre cette crise humanitaire indigne dans les prisons ? »