Comment avez-vous traité cette extinction de voix surprise ?
«J’ai dû vraiment prendre soin de moi. C’est passé par un repos vocal hyper strict qui a duré plus d’un mois. Je ne pouvais pas prononcer un seul son. Même pas tousser, rien du tout. Ensuite, commencer à émettre quelques sons, petit à petit. En fait, les cordes vocales, c’est un muscle. C’est comme si un sportif de haut niveau s’était fait une blessure assez importante. Quand on enlève le plâtre, on ne doit pas courir un marathon directement. On doit bouger un petit peu la jambe, marcher, trottiner, et ensuite repartir. Donc, je suis dans cette phase-là. J’ai déjà passé le plus dur. C’est derrière moi. Je réapprends à chanter.»
Avez-vous de nouvelles consignes à respecter ?
«Il y a bien sûr des choses que je mets en place, j’ai des exercices que je fais tous les jours, je travaille beaucoup ma voix. Je fais des temps de repos aussi.»
Vous avez été transparente avec vos fans sur la situation, illustrant la vulnérabilité qui peut aussi toucher les artistes. Avez-vous hésité avant de vous exprimer ?
«J’ai besoin d’être honnête avec eux et c’est vrai que j’ai eu peur parce que je me suis dit: si je ne suis pas là pendant un certain temps, on va m’oublier… Mais quoi qu’il arrive, pour moi c’était obligé que je sois transparente et, finalement, on me l’a très bien rendu parce que tous les messages que je reçois, c’est incroyable !»
Pendant ce repos obligatoire, vous n’avez cependant pas abandonné la musique…
«Les premiers jours, c’était un peu difficile parce que j’étais sous le choc. Mais, à un moment donné, je me suis dit: est-ce que je vais subir ça ou est-ce que justement je vais accepter et m’en servir ? Mes autres sens se sont plus développés et j’ai eu vraiment des envies de compositions. J’ai beaucoup composé même si c’était dans le silence. Je me suis rapprochée de mon piano et j’ai réussi à faire des mélodies sans utiliser ma voix. Ça a créé des nouvelles inspirations et j’ai vraiment trouvé une force en moi, une nouvelle force.»
Comment expliquez-vous d’ailleurs le succès d’un titre comme «Je pense à vous», lettre d’amour à votre famille ?
«Cette chanson a parlé aux gens et, pourtant, j’avais très peur de la sortir parce que c’est ma vie, c’est hyper intime. J’ai vu que les personnes qui ont aimé cette chanson se la sont appropriée, avec leur histoire. J’ai trouvé ça incroyable et c’est là que j’ai senti vraiment quelque chose se passer autour de Linh.»