HEUREUX MALGRÉ LA MALADIE MENTALE – Les deux trentenaires souffrent d’un trouble bipolaire. Ils racontent au Figaro comment leur vie a basculé avec l’irruption de cette maladie incurable. Et la façon dont ils ont, malgré tout, trouvé l’apaisement.
Bipolarité, schizophrénie, dépression, troubles anxieux… Ces noms de maladies mentales font peur. Pourtant, 13 millions de personnes présentent un trouble psychique en France, et 3 millions vivent avec des troubles psychiques sévères. Dans cette série, Le Figaro interroge des personnes qui en souffrent. Elles racontent comment, malgré des années d’enfer, elles ont aujourd’hui trouvé un équilibre, et surtout… une vie heureuse.
Quand Charlotte* était jeune, elle prenait de la drogue. Pas tous les jours, mais quand elle faisait la fête. Alors qu’elle est étudiante en droit et commerce à Bordeaux, elle écume les festivals, fume des joints et dort très peu. « À un moment j’ai perdu pied. J’ai fait une crise maniaque très intense, pendant laquelle je ne dormais et mangeais quasiment plus. J’ai été hospitalisée pendant trois mois, ça a été très violent. J’étais dans une chambre isolée et ligotée. Je n’avais pas ma conscience mais je me souviens de tout », raconte aujourd’hui la trentenaire, tout en allaitant sa petite fille de 2 mois. Assez rapidement, les médecins posent un diagnostic : Charlotte est bipolaire, une maladie psychique grave et incurable, qui crée des dérèglements de l’humeur, avec une alternance d’états d’exaltation et de dépression.
En 2025, la bipolarité a été largement médiatisée par Nicolas Demorand, journaliste présentateur de la matinale de France Inter. Il révélait être atteint de ce trouble dans son livre Intérieur nuit . Par son témoignage, on a soudainement compris que si une personnalité publique écoutée par 5 millions de Français tous les matins pouvait être bipolaire, et l’assumer publiquement en disant « je suis un malade mental », c’est que n’importe qui pouvait l’être. C’est qu’il y avait sans doute autour de nous plus de personnes souffrant d’une maladie psychique que ce que l’on pensait.
Nicolas Demorand reçoit Emmanuel Macron dans sa matinale de France Inter, le 4 avril 2022.
LUDOVIC MARIN / AFP
Pour Charlotte, l’annonce de sa bipolarité en 2017 est un séisme, d’autant qu’elle n’a pas de proches atteints de cette maladie. « Avec du recul, je pense que mon père est aussi bipolaire mais qu’il n’a jamais voulu se soigner. » Après sa sortie de l’hôpital, la jeune femme bascule dans une…
Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 79% à découvrir.
Vous avez envie de lire la suite ?
Débloquez tous les articles immédiatement.
Déjà abonné ?
Connectez-vous