Celui-ci avait été rappelé par le représentant de la zone de secours à l’occasion de la préparation de Nivelles Village, organisée par Nivelles Commerces. Et devait logiquement s’appliquer aussi pour la braderie de l’Ascension. Sauf que pour une partie des commerçants qui traditionnellement sortent des barbecues devant leur enseigne lors de l’événement, respecter une distance de sécurité de six mètres par rapport aux façades et aux autres stands est tout à fait impossible.

Lundi dernier, au début du conseil communal, Salvatore Cutello, qui travaille dans une boucherie bien connue des Nivellois qui fréquentent le centre-ville, est intervenu par le biais d’une interpellation citoyenne pour connaître la raison de la mesure. Il a rappelé que celle-ci revient, pour une bonne partie des commerçants, à une interdiction des barbecues au charbon de bois à la braderie.

Dans sa réponse, le bourgmestre Bernard De Ro (Les Engagés) a retracé l’historique du dossier. En estimant au passage que cette histoire, qu’il a ironiquement surnommé le « Barbecue Gate » avait fait l’objet d’une récupération politique.

Pour trouver une solution, le gouverneur et la zone de secours ont été contactés, sachant que l’application stricte de cette règle empêcherait beaucoup d’organisation de se tenir, et pas seulement à Nivelles puisque le règlement est en vigueur depuis 2015 dans 25 communes sur 27 en Brabant wallon.

De fait, il a été convenu que le règlement sera rediscuté, via une réunion « 27 + 1 » au niveau provincial. Mais cela pendra un peu de temps. En attendant, pour débloquer la situation en vue de la braderie, le conseil communal, appliquant le principe de l’autonomie communale, modifiera le règlement en supprimant l’article concerné.

Le maïeur nivellois a précisé au commerçant auteur de l’interpellation que c’était un des points prévu plus tard dans l’ordre du jour.

La discussion a effectivement eu lieu aux alentours de minuit. Germain Dalne, pour l’opposition MR, a déposé un point supplémentaire pour modifier le règlement de 2015. Il a suggéré d’ajouter une disposition permettant au bourgmestre, moyennant un avis de la zone de secours rendu au cas par cas, de déroger à l’article prévoyant ce périmètre de six mètres. « On préserve la sécurité tout en permettant des exceptions, avec un avis des pompiers », a résumé le conseiller réformateur.

Inefficace, d’après Robert Vertenueil (PluS): si on demande l’avis de la zone de secours, l’officier préventionniste jouera son rôle, qui consiste à rappeler les règles. Et on en revient à la situation initiale…

Étienne Laurent (Les Engagés) avait déposé un point supplémentaire sur le même sujet, mais préconisant une méthode différente: la suppression pure et simple de l’article, en laissant au bourgmestre la possibilité de prendre une mesure plus contraignante pour des situations réellement dangereuses.

Après débat, la majorité a écarté le point soumis par le MR et adopté celui d’Étienne Laurent, pour lequel le MR a voté contre. L’article 3.B.3 est donc supprimé. Le MCN a choisi l’abstention, préférant une solution définitive concertée au niveau provincial.