Le trading reste un sujet entouré de fantasmes. Mais est-ce accessible à tous ?

Le trading suscite beaucoup d’a priori, en effet. Certains adorent, d’autres détestent mais peu le comprennent réellement. Il faut donc remettre les choses à plat avec des explications simples et montrer que c’est accessible à tous, à condition de bien s’y prendre.

Avec le contexte actuel (tensions géopolitiques, volatilité des marchés), est-ce un bon moment pour investir ?

Les marchés offrent quasiment tous les jours des opportunités. Ce n’est pas la volatilité qui pose problème, au contraire : un marché qui bouge permet d’agir. Le vrai danger, c’est un marché immobile. Les crises actuelles, notamment liées au pétrole, créent des mouvements intéressants. Pour les traders, ce sont des opportunités. En revanche, à long terme, la situation est plus ambiguë : certains marchés semblent élevés malgré un contexte défavorable; ce qui incite à la prudence. On peut craindre une correction du marché à la baisse dans les mois à venir.

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Faut-il distinguer trading et investissement ?

Oui, clairement. Le trading est une activité de court terme basée sur des opportunités quotidiennes. L’investissement s’inscrit dans la durée. L’idéal est de combiner les deux : consacrer une partie de son capital au trading et une autre à une gestion plus traditionnelle.

Se lancer sans formation est-il risqué ?

Très risqué. Une personne débutante qui trade sans connaissances a de fortes chances de perdre une partie importante de son épargne. On dit, dans notre métier, que 90 % des nouveaux traders amateurs perdent 90 % de leur capital dans leurs 90 premiers jours de trading. Les marchés sont complexes, surtout avec des produits dérivés. Quand on trade pour soi-même, on est dans la même cour que des acteurs comme Goldman Sachs ou JPMorgan Chase. Sans préparation, c’est extrêmement difficile.

On entend souvent parler de gains rapides. Est-ce réaliste ?

Non. Le mythe du trading qui rend riche rapidement est largement exagéré. Nous encourageons plutôt une approche progressive : viser quelques centaines d’euros par jour de manière régulière est déjà un très bon résultat. Sur l’année, cela peut représenter des montants significatifs.

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Quelle est la clé pour réussir ?

La discipline. Le trading est un marathon, pas un sprint. Il faut avancer progressivement, rester constant et éviter de vouloir aller trop vite. Et, puis, ne pas trader, c’est aussi trader. Il vaut mieux s’abstenir si les conditions de marché ne sont pas favorables ou si l’on n’est pas dans de bonnes dispositions psychologiques.

Le profil des traders a-t-il évolué ?

Oui, énormément. Aujourd’hui, on retrouve des étudiants, des entrepreneurs, des professionnels de la finance ou encore des particuliers. Le public est beaucoup plus large, avec aussi une présence féminine croissante.

Le trading est-il devenu plus accessible financièrement ?

Oui, notamment grâce aux prop firms. Ces sociétés permettent de trader sans mobiliser immédiatement son propre capital. On commence avec un compte simulé, puis, après validation de certaines étapes, on peut générer des revenus réels. Cela ouvre la porte à des profils qui n’auraient pas pu se lancer auparavant.

krechendo trading pour la question consokrechendo trading pour la question consoVictor Engelhard et Stéphane Everaerts. ©cameriere ennio

Vous avez donc lancé une école du trading. Quelle est votre approche de la formation ?

Nous combinons théorie et pratique. Les formations durent deux semaines, avec une immersion progressive. Les premiers jours sont consacrés à la théorie, ensuite, les participants tradent réellement. L’objectif est qu’ils soient capables d’agir de manière autonome à la fin.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui débute ?

Se former sérieusement, investir uniquement de l’argent que l’on peut se permettre de perdre, comprendre les produits avant de trader et commencer sur des marchés plus stables. Les marchés très volatils comme le forex ou les matières premières sont à éviter au début.

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Faut-il privilégier certains produits ?

Oui. Les indices comme le S & P 500, le Nasdaq ou le CAC 40 sont généralement plus adaptés aux débutants. Les produits très volatils peuvent générer des gains rapides mais aussi des pertes importantes.

Un dernier conseil ?

Le trading demande du travail, de la rigueur et de la préparation. Ce n’est pas une activité à prendre à la légère mais, bien abordé, il peut devenir un véritable levier financier.