Anaïs et Naïs, aide-soignante et infirmière à l’hôpital de Montfavet, sillonnent au quotidien les routes du Vaucluse à bord du médicobus santé-précarité. Leur mission : aller à la rencontre des personnes en situation de précarité, défavorisées, vulnérables ou sans domicile fixe, afin de leur proposer des soins somatiques et psychiques.

Ce véhicule, un ancien camion de pompier spécialement aménagé, inauguré au centre hospitalier de Montfavet, embarque le matériel médical essentiel comme un tensiomètre, un saturomètre, une table d’examen, des médicaments d’urgence ou une valise de télémédecine reliée à des médecins partenaires. Son équipement a coûté 40 000 euros, financés par l’Agence régionale de santé et l’État.

Dans la cité cavare

Tous les jeudis de 9 h à 12 h, c’est à la maison commune, 35 avenue Charles Vidau à Cavaillon, qu’elles accueillent, par exemple, ces personnes fragiles et sans ressources qui n’ont pas toujours le réflexe ou les moyens de se soigner.

« Notre rôle est d’aller vers les personnes en difficulté, loin des parcours de soins. Nous les accompagnons, nous les orientons, nous sommes dans une démarche de santé publique et d’écoute, car beaucoup n’ont pas de médecin traitant et se sentent exclus. Nous procédons à une évaluation, nous les informons sur les recours possibles et orientons les personnes vers des dispositifs de soins adaptés. Depuis le temps, un climat de confiance s’est instauré, un élément essentiel de la relation. Les personnes viennent plus facilement à notre rencontre, la communication est saine et constructive », commentaient Naïs et Anaïs.

Pour rappel, ce dispositif a été annoncé dans le cadre du plan « France ruralités » lancé en juin 2023. En plus d’élargir l’offre de médecine dans les territoires, il a vocation à y maintenir durablement les professionnels de santé. Par des consultations itinérantes, il apporte un complément essentiel là où la mise en place d’une maison de santé n’est pas possible, ou toute autre forme d’exercice coordonné insuffisante. Ce dispositif « d’aller vers » cible prioritairement les territoires ruraux cumulant faible densité médicale et forte proportion de patients en affection longue durée ou sans médecin traitant. Il se conçoit comme une organisation complémentaire à l’offre de soins existante. Soit une solution provisoire et un premier pas vers une organisation des soins plus pérenne sur le territoire.