Les propos de la chef de file des députés insoumis ont suscité de vives réactions dans les rangs de la droite nationaliste, revendiquant «le droit de s’exprimer sans risquer sa vie».
Des propos qui passent mal dans les rangs de la droite nationaliste. La chef de file des députés Insoumis Mathilde Panot a demandé lundi à ce que le collectif identitaire Némésis «soit tenu en dehors» de leurs «meetings» ou «manifestations», au risque que cela finisse «mal», dans un contexte éruptif après l’agression mortelle du jeune militant nationaliste Quentin Deranque. «Nous ne demandons même pas la dissolution de Némésis. Nous demandons à ce que Némésis soit tenu en dehors de nos meetings, en dehors de nos conférences, en dehors de nos manifestations. Sinon ça va mal finir», a prévenu Mathilde Panot sur LCP, demandant également la dissolution de la Brigade française patriote. «La manière dont ce drame est instrumentalisé est lamentable politiquement, et vise encore une fois à marginaliser le mouvement de La France insoumise», estime-t-elle.
Selon le collectif Némésis, proche de la droite identitaire et se revendiquant féministe, Quentin Deranque était chargé d’assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes venues manifester contre une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le gouvernement a pointé la possible implication du groupe antifasciste dissous «La Jeune garde» dans cette agression mortelle.
«Vous nous menacez de mort ?»
«S’il y a des gens ex-Jeune Garde qui se trouvent dedans, j’appelle à ce qu’ils soient punis», mais «cela n’a rien à voir avec nous», a protesté Mathilde Panot, alors que LFI est sous le feu des critiques pour ses liens présumés avec cette association dont émane un de ses députés, Raphaël Arnault. «Je pense que la manière dont ce drame est instrumentalisé est lamentable politiquement et vise à marginaliser La France insoumise», a-t-elle insisté.
Interrogée sur l’agression mortelle du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, Mathilde Panot se dit «très choquée de la manière dont on essaie de marginaliser La France insoumise», en nous faisant peser la responsabilité. «Ni LFI, ni Rima Hassan, ni notre service d’ordre n’ont été au contact d’aucun problème», pointe l’élue LFI.
Cette prise de position a cependant suscité l’ire de la fondatrice de Némésis Alice Cordier, qui sur X a interpellé Mathilde Panot: «Que sous-entendez vous par “ça va mal finir” ? (…) Vous nous menacez de mort ?» «Ce n’est pas ça la démocratie Mathilde Panot», a embrayé le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu. «Chacun a le droit de s’exprimer sans risquer sa vie parce que vos amis de la Jeune garde ont décidé de tuer. Nous sommes des démocrates, nous n’empêchons personne de s’exprimer, vous feriez mieux de vous reprendre illico», a-t-il souligné sur X.