Dimanche après-midi, à quelques heures de la fin du festival, Le Quotidien a pu s’entretenir quelques instants avec son organisateur en chef, Philippe Joncas. Le grand manitou du Game Over Saguenay, dans l’ensemble, était plutôt satisfait de la neuvième fin de semaine d’action proposée par son équipe.

«On voit que l’événement devient de plus en plus mature. Des gamers de partout au Québec se déplacent pour y participer. On est de moins en moins entre Saguenéens et Jeannois. Il ya des gens de Montréal, de Québec et même de l’Abitibi qui font la route, de plus en plus, pour être des nôtres», a-t-il d’emblée signalé.

Philippe Joncas est à la barre du festival Game Over Saguenay depuis ses tout débuts.

La portée du festival s’est très clairement élargie ces dernières années. En parallèle, de nouvelles idées et de nouvelles collaborations ont émergé pour dynamiser les deux journées de festivités. «On a organisé un gros bazar de jeux de société usagés en partenariat avec le pub Soirée de Jeux. Ça a été un très gros bazar. Beaucoup de gens ont participé. Sinon, cette année, on a réussi à nouer une entente avec Loto-Québec. Ils nous ont permis d’ériger une tour de consoles mettant en valeur des jeux québécois. C’était une belle nouveauté», a ajouté Philippe Joncas.

Un lieu de rencontre pour les créateurs

Malgré les années qui passent, le Game Over Saguenay ne s’est pas dénaturé. L’un des piliers du festival, soit l’espace dédié aux créateurs de jeux de société, a encore une fois été très populaire. «On sait comment ça peut être difficile pour les créateurs de jeux de se lancer aujourd’hui. Le marché du jeu de société et du jeu vidéo est saturé. L’IA, en ce sens, n’aide pas. Cependant, avec le festival, on veut continuer d’épauler ceux et celles qui ont de bonnes idées. En venant présenter leurs prototypes, les créateurs ont la chance de rencontrer des éditeurs potentiels et des professionnels de l’industrie qui peuvent leur donner des conseils», a fait valoir l’organisateur en chef du festival.

Pour récompenser la créativité et l’originalité des créateurs, l’équipe d’organisation du festival a décidé cette année de mettre sur pied un «Prix de l’industrie», soit une récompense remise à celui ou celle ayant le mieux mis en valeur son savoir-faire pendant l’événement.

Concevoir et mettre en marché un jeu de société est extrêmement demandant. Plusieurs étapes doivent être menées avant d'aboutir à un jeu qui se trouve en marché. La première étape, toutefois, est d'arriver avec une idée, ce que bien des créateurs réussissent à présenter avec brio au Game Over Saguenay.

«Ce n’est pas juste un prix symbolique que l’on souhaitait remettre. Le prix vient avec un soutien à la commercialisation au Canada et en Europe. Donc, le créateur qui remporte le prix va recevoir de l’aide pour concrétiser son idée et que celle-ci se rende sur le marché», a précisé Philippe Joncas.

Pierre Poissant de chez Locomuse, un studio indépendant de développement de jeux de société, en était à sa première participation à l’événement.

«Je dois avouer que ça fait déjà quelque temps que je voulais faire le déplacement jusqu’à Saguenay pour prendre part à l’événement. C’est un très beau festival et il y a une très belle place qui est dédiée aux créateurs. Il y a une très belle cohorte d’auteurs de jeux qui se déplacent. C’est très chaleureux et convivial comme événement», a souligné celui dont les activités sont basées dans la Capitale-Nationale.

Pierre Poissant est d'avis que l'industrie du jeu de société manque un peu d'originalité à certains égards.

Les temps sont plus ou moins faciles pour l’industrie du jeu de société, a poursuivi M. Poissant. «C’est très difficile d’avoir une idée novatrice. C’est ce que j’observe de plus en plus. Il y a beaucoup de jeux qui voient le jour et qui se reposent sur des mécaniques déjà connues, des systèmes de pointage pas du tout originaux. C’est plus difficile qu’il y a 20 ans de sortir du lot. Aujourd’hui, le jeu de société est omniprésent. Il faut remettre la barre un peu plus haute, je crois, et essayer de trouver des idées nouvelles. En tout cas, au Québec, on voit vraiment une communauté de créateurs se tisser. C’est très prometteur».

«Une très belle vitrine»

Pour les férus de jeux vidéo, le festival demeure un incontournable. Il s’agit aussi, pour les développeurs, d’un bel environnement de test. «Il y a deux mois, on a sorti notre jeu Royal Vermin. Ce jeu-là a été développé grâce à une petite équipe de stagiaires de l’Université du Québec à Chicoutimi, mais surtout avec un développeur à temps plein qu’on a pu engager régionalement. Nous étions venus tester un prototype très embryonnaire du jeu l’an passé. Il y avait eu une belle réponse. Ça avait été très enrichissant pour nous», a partagé Samuel Taillon, directeur artistique et cofondateur de Tobafeu Studio.

Samuel Taillon a rappelé que le jeu «Royal Vermin», développé par son studio, avait pour but de permettre à un large éventail de joueurs, qu'ils soient néophytes ou aguerris, d'avoir du plaisir.

Aux yeux de Samuel Taillon, le Game Over Saguenay est un rassemblement très important pour la communauté ludique au Saguenay-Lac-Saint-Jean. «On participe depuis le tout début. C’est vraiment une très belle vitrine. Il y a une volonté de mettre de l’avant le travail qui se fait dans la région en même temps de permettre aux créateurs de l’extérieur de se présenter. C’est vraiment une belle fin de semaine pour rejoindre les gens», a-t-il conclu.