Et comme à chaque fois sur la Toison d’or, vous signez un sprint inouï ?

Il faut toujours un peu de chance. Le vent était défavorable dans la dernière ligne droite. Nous revenons sur les échappés à moins de 150 mètres de la ligne. Je dois adresser un coup de chapeau à Milan Menten qui m’a amené dans un fauteuil. Dans mon esprit, je venais à Marche d’abord pour retrouver le rythme des compétitions, mais avec tout de même l’espoir secret de reprendre mes bonnes vieilles habitudes, c’est-à-dire de lever à nouveau les bras au ciel.

Votre équipe a constamment pris ses responsabilités pour ramener les échappés à la raison. Mais comme vous le dites, ça s’est joué sur un rien ?

C’est vrai que l’équipe a superbement manœuvré. Du début à la fin. C’est une grande journée pour nous et pour moi aussi. En plus, on a vu du spectacle. Tant mieux pour le public présent. C’est toujours gai de procurer de telles émotions à ses supporters.

Vous allez à présent pouvoir participer au Giro en pleine sérénité ?

Oui. Avec une grosse motivation. D’abord parce qu’il s’agit d’une découverte. Je cours finalement très peu en Italie. Quand j’étais gosse, le maillot rose me faisait même rêver plus que le jaune. À mes yeux, c’est au Giro que se vit le vrai cyclisme. En outre, je serai bien épaulé. À commencer par Milan Menten. Je pense qu’il y aura quelques étapes au cours desquelles nous pourrons viser quelque chose de bien. Il reste encore quelques petits détails à régler, mais le début du Giro doit justement m’aider à retrouver mes meilleures sensations en course et par là à faire le plein de confiance.

Ces trois semaines de repos vous ont fait du bien ?

J’avais vraiment besoin de repos, mais j’ai aussi bien travaillé à l’entraînement. Je ne suis resté que trois jours sans prendre mon vélo. Je me suis rendu chez le kiné à Anvers, puis j’ai recommencé tranquillement ; j’ai pris du plaisir à rouler avec mon père, mon frère et quelques copains. J’ai juste pensé à moi. Finalement, j’étais confiant en arrivant à Marche. Et le déroulement de l’épreuve correspondait à mes attentes. Dans le final, je me disais que je méritais bien un 7 sur 10, mais avec ce sprint, je me mets 10 sur 10 (rire). Il reste encore quelques petits détails à régler, mais le début du Giro doit justement m’aider à retrouver mes meilleures sensations en course et par là à faire le plein de confiance. Il faudra que les planètes s’alignent, mais il y aura moyen, j’espère, de réaliser quelque chose de bien. Je pense que quelques étapes devraient me convenir.

La direction de Lotto Intermarché a annoncé que vous n’iriez pas au bout. Ce n’est pas frustrant ?

Je ne me vois pas aller à l’encontre des décisions de mon employeur. De plus, je n’imagine pas un instant louper le Tour de la Région wallonne. Cette année, il ressemble fort à un Tour du Luxembourg. Je suis un patriote et j’aime beaucoup ma province. Qui plus est, une des étapes se termine dans ma commune de Vaux-sur-Sûre. La course passe même devant la maison familiale. Je me vois mal manquer cette opportunité avec mes proches et mes supporters, peut-être la seule dans ma carrière.

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