À Charleroi, le PS sonne l’heure de sa « Reconquista » : « Les ingénieurs sont en fait des imposteurs »

Les festivités du Premier mai, censées incarner l’histoire sociale et la valorisation du travail ont parfois viré à la caricature. Ne permettant pas de faire oublier la scène – aux allures de cour de récréation – observée à la Chambre la semaine dernière. Hurlements, invectives, sarcasmes de bas étage : le niveau s’est effondré. Quand un responsable politique en vient à railler une ministre en affirmant qu’elle ne saurait pas « compter jusqu’à dix », ce n’est plus une critique. Ce n’est même plus de l’opposition. C’est une insulte creuse, infantile. Elle n’est pas isolée. Et il serait trop facile de réduire ces scènes à quelques comportements individuels. Inutile d’ailleurs de citer des noms : le mal est plus profond, presque systémique. La violence des propos s’installe, se banalise, devient un mode d’expression ordinaire. L’outrance et le mépris ne peuvent forger une ligne politique assumée.

À Blegny-Mine, Georges-Louis Bouchez attaque frontalement le PS, « Pablo l’Espagnol » et « Christie qui a la larme à l’œil »…

Cette dérive n’est pas anodine. Elle mine la confiance des citoyens, dégrade les relations et alimente l’émergence ou la cristallisation d’exclusives. Face à des enjeux complexes, le besoin de nuances s’impose. Ce n’est pas ce qu’offre l’opposition, qui force le trait jusqu’à l’absurde, préférant la punchline au fond. Ni les partis au pouvoir qui oublient un peu vite leur part de responsabilité dans les impasses budgétaires actuelles ou dans l’inefficacité persistante de certaines politiques publiques, notamment en matière d’emploi ou de subsides.

À force, le débat s’appauvrit, les positions se radicalisent et de nombreux citoyens prennent leurs distances. Dans ce contexte, des profils plutôt prometteurs renoncent à s’engager dans la vie politique ou la quittent prématurément. Qui voudrait évoluer durablement dans un climat où l’attaque personnelle prévaut sur la confrontation d’idées ?

La politique mérite mieux que la tentation du bac à sable permanent. Les citoyens aussi.